Derrière ce jeu de mots plus qu’honteux, se dissimule mon intention première : vous parler de la résidence dans laquelle j’ai emménagé, à savoir la Hiyoshi International House – et plus précisément de mon appartement, ainsi que de la ville qui l’entoure, Hiyoshi.
Note : cet article a été édité le 20 septembre 2009
L’appartement (アパ-ト [apâto] )
Mise principalement à la disposition des élèves de Keio, cette résidence universitaire offre une cinquantaine d’appartements pour 2 personnes, mini-colocations composées de deux chambres, ainsi que d’une cuisine et d’une salle-de-bain communes. Quoique destiné à des élèves étrangers, on retrouve dans cet appartement tous les éléments typiques d’une habitation japonaise…
Premier élément typique : l’entrée. En effet, comme dans toute maison japonaise, il est impératif de se déchausser avant de rentrer dans une habitation (et par extension, dans un nombre incalculable de lieux : temple, clinique, laboratoire, chambres d’hôtel traditionnels, certains restaurants, et même… cabines d’essayages !). De manière générale, des chaussons seront mis à votre disposition dans les lieux publics, mais le fait de se balader en chaussettes (ou collants pour ces demoiselles) n’est pas choquant ! A l’origine, cette tradition a deux significations : d’un côté pratique, elle est destinée à ne pas détériorer les tatamis en rentrant avec ses chaussures crottées, et de manière générale, à préserver la propreté du lieu. D’un côté plus spirituel, il semblerait que le fait de se déchausser soit une sorte d’allégorie signifiant que l’on laisse la « saleté » de son âme hors de la maison… Quand à savoir si cela fonctionne…
Autre petit détail important relatif aux chaussures : dans la plupart des habitations japonaises, vous trouverez une paire de chaussons spéciaux dans les toilettes, destinés à être utilisés dans celles-ci : il faut donc les enfiler au moment de rentrer, et surtout ne pas oublier de les retirer avant de sortir. Il serait très mal vu de quitter le lieu clos avec ces sandales au pied.
Deuxième point : la chambre. D’une surface d’une dizaine de mètres carrés (ou de 6 tatamis, pour sonner plus japonais – le tatami (畳 [jô]) étant en gros l’unité de base de mesure de la surface d’une pièce), et au sol recouvert recouvert de plancher, elle ne paraîtrait pas si différente d’une chambre étudiante européenne à deux détails près : la climatisation, omniprésente dans les habitations japonaises (et réellement indispensable pendant les chauds mois d’été), et le fait que le lit, d’apparence plutôt banale, ait en guise de matelas … un futon (布団 [futon]) !
Habituellement, ce type de literie (d’une épaisseur de 5-6 cm) est destiné à être disposé au sol le soir uniquement (dans des pièces recouvertes de tatamis), et rangé dans un placard durant la journée pour gagner de la place au sein des habitations japonaises exigües, et pour les aérer. Cependant, de plus en plus, la mode occidentale du lit à pied tend à s’installer au sein des chaumières japonaises, et le futon à prendre la place du matelas, comme dans ma chambre…
Au niveau des autres équipements, rien de très original : un réfrigérateur personnel, de nombreux espaces de rangement, une connexion internet et… une télévision, indispensable pour suivre les indescriptibles émissions japonaises (qui feront l’objet d’un post ultérieur, car elles le méritent).
Retour dans la salle commune, comprenant un petit séjour-cuisine : rien de très extraordinaire ici… Un meuble de rangement, des plaques à gaz, un micro-onde, un auto-cuiseur à riz (indispensable !) et un thermostat électronique pour régler la température de l’eau… Comment ça, un thermostat électronique ? Eh oui, la plupart des habitations japonaises disposent de nos jours de ce genre de dispositif, permettant de choisir la température de l’eau chaude alimentant la cuisine et/ou la salle de bains. Gare à ne pas y toucher quand votre colocataire est sous la douche !
Autre détail amusant (?) : deux barres de force relient le sommet du meuble de rangement au plafond, afin d’éviter toute chute du meuble en cas de tremblement de terre ! Dans cette même optique, le gaz se coupera automatiquement dès que les premières secousses se feront sentir, pour pallier à tout risque d’accident.
Enfin, la salle de bain : celle-ci est composée de deux pièces. D’un côté, une salle d’eau traditionnel avec son lavabo, et de l’autre, la douche et sa baignoire. Il faut savoir que la cérémonie du bain reste très importante au sein des familles japonaises : avant de pénétrer dans l’eau chaude du bain, préservée par le couvercle placé sur celui-ci, il faut se laver soigneusement le corps, et se le brosser consciencieusement, avant de pénétrer dans la baignoire. Des sels et huiles peuvent éventuellement être rajoutés à l’eau du bain. La douche reste tout de même une bonne alternative pour les gens pressés !
Edit du 20 septembre 2009 : sur demande d’un certain marseillo-japonais dont je tairais le nom, je me permets de rajouter ce paragraphe traitant non plus de ma chambre, mais plus de la résidence en elle-même…
La Hiyoshi International House (日吉インタナショナルハウス)
D’un point de vue plus général, la résidence, dont vous pouvez admirer la photographie prise par votre serviteur en tête de ce post, est composée de quatre bâtiments identiques de quatre étages chacun… Un petit parc d’activités à proximité attire les enfants du voisinage (et parfois de plus grands enfants qui finissent la soirée à discuter, assis sur les balançoires). Enfants qui, soit dit en passant, ont un jeu aussi récurrent que pénible au pied de la résidence : souhaitant certainement améliorer leurs compétences en base-ball, ils prennent un malin plaisir à tirer leurs balles de manière répétée contre le mur d’un des bâtiments adjacents, et ceci dès 8 heures du matin… Heure à laquelle on n’a pas toujours envie d’être réveillé. De toute façon, avec les trains qui passent de manière continue à proximité… Mais passons.
La résidence donc, a la particularité d’offrir à ses locataires la possibilité de profiter gratuitement d’une salle commune (la lounge, pour les intimes) munie d’un écran de taille respectable, d’un piano, (bientôt d’une Wii ?) bref, de quoi s’occuper !
Autre détail amusant : les boîtes aux lettres, au format « coffre-fort » muni d’une serrure à combinaison ! Et tout ça pour le pays avec le taux de criminalité le plus faible au monde (NB : j’en reparlerai, mais il semblerait que le délit le plus courant soit… le vol de parapluie ^^) !
Chose un peu plus pénible : le tri des déchets ! Il faut savoir en effet que la cité de Yokohama est très pointilleuse sur la chose, et que l’on ne compte pas moins de … huit compartiments de tri différents ! Et il semblerait que les éboueurs ne plaisantent pas sur la chose : si le tri est mal fait, ils peuvent ne pas passer pendant une certaine période…
Enfin, parmi les choses agréables, je peux apercevoir de ma fenêtre un dôjô (道場 – salle d’entraînement) dans lequel je peux entrapercevoir moults judokas, kendôkas, … de tous âges s’entraîner à la nuit tombée, et ponctuer leurs exercices d’exclamations coordonnées, complétant le fond sonore habituellement constitué du passage des trains, du croassement des corbeaux, et du chant des cigales (蝉 [semi] ) en cette période automnale…
Le prochain post vous présentera le quartier dans lequel se situe la résidence, à savoir Hiyoshi. Au programme : restaurants, salles d’arcades, et combinis !
またね! [Mata ne] : A la prochaine !
(Article rédigé durant l’écoute de « All of a Sudden I Miss Everyone », par Explosions in the Sky)







C’est trop bien les futons ^^
Le gaz qui se coupe automatiquement c’est super prévoyant ! Et si tu sautes à pieds joints à côté de la cuisinière, ça marche aussi ?!
J’attends avec impatience ton article sur l’Oktober Fest façon Japon !!!
J’avoue ne pas avoir essayé de faire couper le gaz intentionnellement pour le moment… J’essaierai de faire un test lors du prochain séisme : si vous ne voyez plus de nouveaux post, c’est que le système ne fonctionne pas ! CQFD.
Et vu le retard que j’ai à rattraper, j’ai peur que l’article sur l’October Fest ne sorte pas d’ici un petit moment…
ca manque de tatami pour une habitation traditionnelle jap et d’un autel « à prières » :p
methinks
Can i get a one small photo from your blog?
Zoran