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	<title>Melon (ja)Pan</title>
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	<description>Chroniques de ma vie quotidienne au Japon</description>
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		<title>Mémoires d&#8217;un printemps</title>
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		<pubDate>Wed, 05 May 2010 05:04:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thibault Voisin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brève]]></category>
		<category><![CDATA[hanami]]></category>
		<category><![CDATA[printemps]]></category>

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		<description><![CDATA[Chronique printanière décrivant la coutume populaire du Hanami, et des activités pratiquées par les japonais à l'arrivée du printemps. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/05/hanami2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-347" title="Cerisier, Parc de Yoyogi" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/05/hanami2_small.jpg" alt="Cerisier, Parc de Yoyogi" width="600" height="150" /></a></p>
<p>Les pétales de cerisiers pleuvent autour de moi, et terminent leur course inéluctable sur le béton craquelé si représentatif de l&#8217;urbanisme caractéristique de ce pays. Simples taches rosées sur l&#8217;immensité grisonnante. Opposition parfaite entre l&#8217;écarlate omniprésent des érables de brumaire et leurs discrètes et pâles cousines printanières. Tandis que les températures jouent au yoyo, à coup de plus et moins dix degrés, les premières cigales se font entendre. Plus de doute, la saison nouvelle est arrivée !</p>
<p><span id="more-512"></span></p>
<p>Début avril. Les présentateurs météo des différents chaînes de télévision commencent à trembler : la moindre erreur dans les prévisions pourrait leur coûter leur poste, comme cela était arrivé voilà quelques années. Je ne parle pas ici de l&#8217;annonce d&#8217;une banale catastrophe naturelle, mais de celle du Hanami (花見)  : littéralement, &laquo;&nbsp;contempler les fleurs&nbsp;&raquo; ! Durant dix jours, tous les parcs seront ainsi pris d&#8217;assaut pour réussir à obtenir les quelques mètres carrés nécessaires pour étaler sa couverture de pique-nique, et pour passer son après-midi (ou soirée) à manger et boire entre amis sous les cerisiers. Des employés en costard-cravate peuvent être aperçus dès les premières heures du jour, assis sur leur bâche afin de réserver l&#8217;emplacement pour leurs collègues de bureau.</p>
<div id="attachment_348" class="wp-caption aligncenter" style="width: 430px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/05/hanami.jpg"><img class="size-full wp-image-348 " title="Hanami, au parc de Yoyogi" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/05/hanami.jpg" alt="Hanami, au parc de Yoyogi" width="420" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Hanami, Parc de Yoyogi</p></div>
<p>Mais le Hanami ne passe pas forcément par ces festivités presque imposées. La présence de cerisiers dans chaque ruelle et monument suffira à embellir nos visions de ces édifices d&#8217;habitude transparents. J&#8217;en prends pour exemple la vue du campus de l&#8217;université obtenue depuis mon balcon, ordinairement perdu dans l&#8217;immensité grisâtre des bâtiments, des chemins de fer et lignes électriques, mais mis en valeur pendant cette courte période de fleuraison des cerisiers par un écrin blanc-rosâtre.</p>
<div id="attachment_349" class="wp-caption aligncenter" style="width: 430px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/05/hiyoshi.jpg"><img class="size-full wp-image-349 " title="Le campus d'Hiyoshi, depuis ma fenêtre" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/05/hiyoshi.jpg" alt="Le campus d'Hiyoshi, depuis ma fenêtre" width="420" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Campus d'Hiyoshi</p></div>
<p>Mais bientôt, laissant la place aux fleuraisons plus tardives, des pluies de pétales se déverseront dans les rues japonaises, constellant les trottoirs de myriades de tâches rosées. Fin du Hanami, mais bientôt début de la Golden Week, célèbre semaine de vacances ayant lieu fin mai, et période de prédilection pour les voyages : les aéroports se retrouvent bondés, pris d&#8217;assaut par des hordes de japonais assoiffés de destination exotiques (la plupart du temps, Okinawa et Hawai). Sur les rives des nombreuses rivières traversant Tokyo, on peut apercevoir des groupes d&#8217;amis profiter des derniers instants de répit avant la saison des pluies pour allumer leurs barbecues, embaumant (ou enfumant) l&#8217;air ambiant de fragrances porcines. Oui, dit comme ça&#8230;</p>
<p>Dans les nombreux parcs de la capitale, on voit affluer les badauds, profitant des premières chaudes journées de l&#8217;année. Des enfants courent çà et là à la recherche d&#8217;insectes &#8211; coutume très prisée au Japon : les kabutomushi (scarabée rhinocéros) étant tout particulièrement l&#8217;objet des recherches &#8211; tandis que d&#8217;autres s&#8217;adonnent au plaisir simple de la pêche.</p>
<div id="attachment_350" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/05/mitsuike.jpg"><img class="size-full wp-image-350 " title="Enfants chassant les mushis, au parc Mitsuike" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/05/mitsuike.jpg" alt="Enfants chassant les mushis, au parc Mitsuike" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Enfants chassant les mushis, au parc Mitsuike</p></div>
<p>Et pendant ce temps-là, d&#8217;autre cherchent toujours désespérément leur sujet de thèse, bien à l&#8217;abri des méchants U.V. dans leur laboratoire ! &laquo;&nbsp;Engagez-vous!&nbsp;&raquo;, qu&#8217;ils disaient ! <img src='http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p><em>Article écrit durant l&#8217;écoute de Oceanic, par <a title="Isis" href="http://www.isistheband.com/">Isis</a>.</em></p>
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		<title>Kyoto, plongée au coeur du patrimoine japonais (3ème partie)</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Apr 2010 11:51:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thibault Voisin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Kyôto]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Voyages]]></category>
		<category><![CDATA[chateau]]></category>
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		<category><![CDATA[Daitoku-ji]]></category>
		<category><![CDATA[Kinkaku-ji]]></category>
		<category><![CDATA[Nijo]]></category>
		<category><![CDATA[Ryoan-ji]]></category>

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		<description><![CDATA[Dernière partie de notre visite de Kyoto, nous nous dirigerons cette fois-ci dans les quartiers nord, visitant entre autres le fameux Pavillon d'Or ou le Château Nijo. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/kinkaku-ji2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-339" title="Temple Kinkaku-ji" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/kinkaku-ji2_head.jpg" alt="Temple Kinkaku-ji" width="600" height="150" /></a></p>
<p>Loin des quartiers de la gare et de Gion, nous nous dirigeons à présent vers ce qui sera la dernière étape de notre visite virtuelle de Kyoto, à savoir la partie nord-ouest de la ville. Ici résident les plus célèbres temples de la ville, ainsi que ses plus beaux jardins zen selon la critique (et que je peinerais moi-même à évaluer). </p>
<p><span id="more-501"></span></p>
<p>Avant de nous aventurer à l&#8217;extrémité septentrionale de la ville, arrêtons-nous cependant en trajet pour profiter d&#8217;un premier monument typique : encore un temple, me direz-vous&#8230; Détrompez-vous ! Car s&#8217;il est vrai que les temples font partie intégrale du patrimoine culturel de Kyoto, fortement fondé sur l&#8217;aspect religieux, il ne faut cependant pas oublier que la ville fut également la capitale du pays pendant plus d&#8217;un millénaire, et par la même, le siège du pouvoir politique et militaire. Et qui dit armée, dit château. Bienvenue donc au château de Nijô (二条), ancienne garnison et résidence temporaire des shoguns lors de leurs visites à Kyoto.</p>
<div id="attachment_340" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/nijo2.jpg"><img class="size-full wp-image-340 " title="Château Nijo, porte Karamon" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/nijo2.jpg" alt="Château Nijo, porte Karamon" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Château Nijo, porte Karamon</p></div>
<p>Le château, dont la construction fut ordonnée en 1603 par le célèbre shogun Ieyasu Togugawa, est constitué de deux palais, le Ninomaru et le Honmaru, entourés par deux séries de fortifications très similaires à celles du Palais Impérial de Tokyo. On y pénètre en passant sous l&#8217;imposante porte Karamon, aux allures très chinoises, et aux charnières plaquées or, s&#8217;il-vous-plaît. Ici se trouve le plus majestueux des deux palais, le Ninomaru, s&#8217;étalant sur 33 pièces entrecoupées de panneaux coulissants recouverts de feuilles d&#8217;or et de peintures de maîtres. L&#8217;architecture du bâtiment a été conçue afin de rappeler au visiteur sa petitesse face au shogun, au travers d&#8217;une succession de pièces aux décorations de plus en plus élaborées, les premières pièces étant bien entendu dédiées à l&#8217;accueil des visiteurs de moindre importance. En traversant les différents salles, on se sent ainsi grimper dans les hiérarchie, pour enfin arriver aux appartement privés du shogun, accessibles uniquement aux femmes. Cela dit, quand je parle de décorations élaborées, n&#8217;y voyez cependant pas des abondances de faste : on reste ici dans la sobriété à la japonaise, sans meuble inutile ou décoration superflue !</p>
<p>Et comme tout bâtiment d&#8217;importance de l&#8217;époque, que ce soit un temple, un palais ou une maison particulière, on retrouve les fameux sols &laquo;&nbsp;rossignols&nbsp;&raquo;, aux planchers soigneusement ajustés de manière à ce que le moindre contact produise un léger piaillement, alertant de l&#8217;intrusion d&#8217;une personne mal intentionnée &#8211; les assassinats et autres traîtrises étant plutôt fréquents à l&#8217;époque.</p>
<div id="attachment_341" class="wp-caption aligncenter" style="width: 430px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/nijo.jpg"><img class="size-full wp-image-341" title="Château Nijo" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/nijo.jpg" alt="Château Nijo" width="420" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Château Nijo</p></div>
<p>De sympathiques jardins japonais constitués majoritairement de cerisiers japonais, de pruniers et de ginkgos entourent les différents palais, entourant des bassins bordés de rochers. Un jardin d&#8217;époque Edo, plus récent donc, était destiné à la réception d&#8217;hôtes de marque au sein de ses maisons de thé.</p>
<p>Enfin, le château a été l&#8217;hôte d&#8217;un des événements les plus marquants de l&#8217;histoire japonaise: en effet, c&#8217;est ici que le dernier shogun de la dynastie des Tokugawa rendit la souveraineté à l&#8217;empereur, en 1867, mettant fin au régime militaire du Moyen-Age japonais pour le faire entrer dans l&#8217;ère Meiji, synonyme de modernité.</p>
<p>Quittant finalement le centre de la cité, nous nous approchons maintenant de son extrémité nord où, tapi derrière ses murailles et bénéficiant de l&#8217;ombre de ses pins moult fois centenaires, nous attend le Temple Daitoku-ji. Formé de 25 petits temples relativement récents pour la plupart, il ne présenterait que peu d&#8217;intérêt &#8211; hormis pour les amateurs d&#8217;architecture zen &#8211; n&#8217;en serait la présence d&#8217;un petit temple perdu au milieu du complexe : le Daisen-ji. Fondé par le prêtre zen Kogaku, le temple en lui-même n&#8217;a rien d&#8217;exceptionnel, si ce n&#8217;est la présence d&#8217;un superbe jardin zen l&#8217;entourant.</p>
<div id="attachment_342" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/daisen-ji.jpg"><img class="size-full wp-image-342 " title="Daisen-ji, Mont Horai" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/daisen-ji.jpg" alt="Daisen-ji, Mont Horai" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Daisen-ji, Mont Horai</p></div>
<p>Les quatre pans du jardin représentent chacun une scène différente de la vie d&#8217;un humain, représenté par le &laquo;&nbsp;fleuve de la vie&nbsp;&raquo; : tout d&#8217;abord, dans un jardin encombré de rochers et d&#8217;arbustes, le fleuve prend sa source sous la forme d&#8217;une cascade sèche s&#8217;écoulant d&#8217;un rocher évoquant le mont Horai, le tout figurant l&#8217;impétuosité de la jeunesse. Le courant se ralentit alors, pour symboliser l&#8217;arrivée à la maturité, et des rochers se dressent sur son passage, figurant les difficultés de la vie.</p>
<p>Le courant de pierre doit alors glisser sous un mur, point où l&#8217;on est assailli de doutes, pour ressurgir plus large et plus profond après avoir été temporairement endigué. On peut distinguer un &laquo;&nbsp;bateau du trésor&nbsp;&raquo; glissant sereinement sur le courant, tandis qu&#8217;une tortue tente vainement de le remonter.</p>
<div id="attachment_343" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/daisen-ji2.jpg"><img class="size-full wp-image-343 " title="Daisen-ji, Mont Horai" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/daisen-ji2.jpg" alt="Daisen-ji, Grand Océan" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Daisen-ji, Grand Océan</p></div>
<p>Les deux autres pans du jardin représentent ensuite réciproquement le &laquo;&nbsp;grand océan&nbsp;&raquo; &#8211; l&#8217;Océan Pacifique &#8211; sous forme d&#8217;une large étendue de gravier ratissé au milieu de laquelle pointent deux &laquo;&nbsp;montagnes&nbsp;&raquo;, tandis que dans un coin siège un arbre rappelle celui sous lequel s&#8217;asseyait Bouddha pour méditer. Le second jardin, plus petit, représente quand à lui la mer intérieure du Japon.</p>
<p>En sortant du temple, et en nous dirigeant vers notre prochaine visite, on peut distinguer sur une montagne avoisinante un grand 大 (&laquo;&nbsp;dai&nbsp;&raquo; &#8211; <em>grand</em>) : ce signe est en fait un des éléments du festival célébrant la fin de l&#8217;Obon, la Toussaint japonaise. De grands feux sont ainsi allumés sur cinq des montagnes entourant Kyoto afin de guider les esprits des morts vers l&#8217;au-delà, respectivement deux 大 (&laquo;&nbsp;dai&nbsp;&raquo;), un 妙(&laquo;&nbsp;myo&nbsp;&raquo; &#8211; miraculeux), un 法 (&laquo;&nbsp;ho&nbsp;&raquo; &#8211; doctrine bouddhiste), un bateau et un torii.</p>
<div id="attachment_344" class="wp-caption aligncenter" style="width: 430px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/kinkaku-ji.jpg"><img class="size-full wp-image-344 " title="Temple Kinkaku-ji" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/kinkaku-ji.jpg" alt="Temple Kinkaku-ji" width="420" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Temple Kinkaku-ji</p></div>
<p>Nous arrivons enfin vers ce qui doit être le monument le plus connu de Kyoto, j&#8217;ai nommé le Kinkaku-ji (金閣寺 &#8211; Temple d&#8217;Or). Sa construction fut ordonnée en 1397 par le shogun Yoshimitsu (j&#8217;en parlais dans le précédent post), pour y abriter ses retraites, alors qu&#8217;il avait abandonné ses devoirs officiels pour se consacrer à la méditation. Suivant sa volonté, le pavillon devint ainsi un temple zen après un mort. Bien qu&#8217;il soit impossible de le visiter, la vision de ce temple entièrement recouvert de feuilles d&#8217;or siégeant au centre d&#8217;un vaste étang n&#8217;en est pas moins impressionnante, et ne manque pas d&#8217;attirer nombre de touristes (entraînant une visite pas toujours agréable : on préfèrera y aller hors-saison, du coup). Il ne s&#8217;agit cependant pas du temple original, celui-ci ayant été volontairement détruit par le feu en 1950 par l&#8217;un de ses moines, et rebâti en 1955. Ils auraient mieux fait de le <a title="LEGO Pop-up Kinkaku-ji" href="http://www.youtube.com/watch?v=uYlA3NV0rFA">construire en LEGO</a>, va&#8230;</p>
<div id="attachment_345" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/ryoan-ji2.jpg"><img class="size-full wp-image-345 " title="Temple Ryoan-ji" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/daisen-ji2.jpg" alt="Temple Ryoan-ji" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Temple Ryoan-ji</p></div>
<p>Poursuivant notre route au nord de Kyoto, nous arrivons finalement à la dernière étape de notre visite, et non la moindre : le temple Ryoan-ji. Isolé au milieu d&#8217;un superbe bois moussu, il abrite en effet un superbe jardin sec de sable blanc, en opposition avec le jardin naturel situé en contrebas du temple, ne manquant pas non plus de charme, et tracé à une époque où la culture zen n&#8217;avait pas encore atteint le Japon, échappant ainsi à la rigueur et à l&#8217;abstraction de son frère de pierre. Ce dernier est ainsi composé d&#8217;une unique étendue de pierre percée de rochers moussus, disposées de telle façon qu&#8217;il soit impossible pour l&#8217;observateur de toutes les embrasser simultanément du regard.</p>
<div id="attachment_346" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/ryoan-ji.jpg"><img class="size-full wp-image-346 " title="Temple Ryoan-ji, Jardin zen" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/04/ryoan-ji.jpg" alt="Temple Ryoan-ji, Jardin zen" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Temple Ryoan-ji, Jardin zen</p></div>
<p>De l&#8217;autre côté du temple, on peut retrouver l&#8217;autre point d&#8217;intérêt du temple : son bassin Tsukubai (蹲踞 &#8211; <em>bassin où l&#8217;on se penche</em>), servant à l&#8217;origine à se purifier les mains et la bouche. Le bassin de forme carrée sert à former quatre kanjis (caractères chinois) différents : 吾, 唯, 足, 知, formant la phrase <em>ware, tada taru wo shiru</em> (Je connais seulement la satisfaction), chère au Bouddhisme zen.<br />
S&#8217;éloignant petit à petit des différents temples, l&#8217;on finit ainsi par retrouver les architectures bétonnées et métalliques modernes, les trains et voitures, le brouhaha de la ville, mettant fin temporairement à notre voyage dans le passé du Japon. Temporairement? Certainement ! Car si le Japon se vante de ses prouesse technologiques, de son urbanisme effréné, on sait que, à la recherche d&#8217;un endroit paisible où l&#8217;on pourra échapper à ce présent qui nous harcèle continument, on pourra toujours trouver une charmante ville du Kantô, vivant dans sa bulle, accueillant au coeur de ses temples dissimulés le voyageur éreinté. Bienvenue à Kyoto.</p>
<p><em>Cet article a été écrit lors de l&#8217;écoute de Gods &#038; Goddesses, de <a title="Site Officiel de Brand Bjork" href="http://www.brantbjork.com/">Brand Bjork</a>.</em></p>
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		<title>Kyoto, plongée au coeur du patrimoine japonais (2ème partie)</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2010 05:34:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thibault Voisin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Poursuivons donc la seconde partie de notre visite virtuelle de Kyoto à l'extrême nord-est de la ville, et plus précisément à l'un des plus célèbres temples de la cité : le Ginkaku-ji (銀閣寺, <em>pavillon d'Argent</em>). Il fut bâti pour servir de retraite propice au calme et à la solitude au shogun Yoshimasa (XIV<sup>ème</sup>), ce qui explique la présence de ses splendides jardins moussus, entrecoupés de parterres de pierre et de sable propres à la méditation. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/geisha1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-330" title="Maiko, sur la Ninenzaha" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/geisha1_small.jpg" alt="Maiko, sur la Ninenzaha" width="600" height="151" /></a></p>
<p>Abandonnant le quartier sud de la ville de Kyoto, aventurons-nous maintenant dans ses parties septentrionales, afin de nous pencher sur ce qui fonde la richesse culturelle de Kyoto : son abondance pléthorique de temples et jardins zen, envahissant pour certains la ville depuis plus de dix siècles !</p>
<p><span id="more-488"></span></p>
<p>Loin de moi cependant l&#8217;idée de critiquer cette profusion, tant les temples de Kyoto diffèrent de l&#8217;un à l&#8217;autre. Passant trois jours dans l&#8217;antique capitale, et visitant des dizaines de sanctuaires, on ne saura que s&#8217;émerveiller de la multiplicité et de l&#8217;absence totale de ressemblance entre chacun d&#8217;eux. Consacrés à une divinité spécifique, ou célébrant un événement précis, leur agencement s&#8217;en retrouve modifié, apportant à chaque visite son lot de nouveautés.</p>
<h3 id="est">Le quartier Nord-Est</h3>
<p>Commençons donc la seconde partie de notre visite virtuelle à l&#8217;extrême nord-est de la ville, et plus précisément à l&#8217;un des plus célèbres temples de la cité : le Ginkaku-ji (銀閣寺, <em>pavillon d&#8217;Argent</em>). Il fut bâti pour servir de retraite propice au calme et à la solitude au shogun Yoshimasa (XIV<sup>ème</sup>), ce qui explique la présence de ses splendides jardins moussus, entrecoupés de parterres de pierre et de sable propres à la méditation.</p>
<div id="attachment_331" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/ginkaku-ji.jpg"><img class="size-full wp-image-331 " title="Temple Ginkaku-ji" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/ginkaku-ji.jpg" alt="Temple Ginkaku-ji" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Temple Ginkaku-ji</p></div>
<p> Le jardin sec, nommé Ginshaden (銀沙灘 &#8211; <em>Mer de Sable Argenté</em>) représentant la mer par une succession de franges symbolisant des vagues. Derrière celui-ci, on retrouve un monticule lissé, le Kogetsudai (向月台 &#8211; <em>Piédestal pour observer la lune</em>) représentant pour certains le mont Fuji. Le jardin aurait été dessiné par l&#8217;architecte de jardins Soami (et non, pas de <a title="Roger the Shrubber" href="http://uk.imdb.com/title/tt0071853/quotes?qt0470608">Roger the Shrubber</a> ici), célèbre pour avoir réalisé les plans de nombreux jardins secs à Kyoto.</p>
<div id="attachment_332" class="wp-caption aligncenter" style="width: 430px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/ginkaku-ji2.jpg"><img class="size-full wp-image-332 " title="Ginshaden, temple Ginkaku-ji" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/ginkaku-ji2.jpg" alt="Ginshaden, temple Ginkaku-ji" width="420" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Ginshaden, temple Ginkaku-ji</p></div>
<p>&laquo;&nbsp;Et au fait, me demanderez-vous d&#8217;un air espiègle, pourquoi s&#8217;appelle-t-il le Pavillon d&#8217;Argent, alors que il n&#8217;y a pas trace de la moindre de ce métal dans l&#8217;enceinte du temple ? Publicité Mensongère ! Remboursez nos invitations !&nbsp;&raquo;, et vous aurez tout-à-fait raison. En fait, ce temple a été bâti en premier lieu pour rivaliser avec son grand-frère, le Kinkaku-ji (金閣寺, <em>Pavillon d&#8217;Or</em>), situé également à Kyoto, recouvert pour sa part intégralement de feuilles d&#8217;or, et dont la construction avait été ordonnée par le grand-père du petit Yoshimasa. Ne voulant pas se trouver en reste, il demanda donc à ce que son propre pavillon, le Ginkaku-ji, soit recouvert de feuilles d&#8217;argent. Cependant, c&#8217;est à cette époque que la guerre d&#8217;Onin, opposant les différents états japonais de l&#8217;époque, frappe, engloutissant tout le budget destiné à la construction du temple, qui devra se contenter de la patine apportée par les ans. Yoshimasa est au passage critiqué pour avoir complètement délaissé les affaires politiques de son pays pendant cette période, préférant s&#8217;adonner à la méditation et à la poésie dans l&#8217;enceinte du Ginkaku-ji tandis que le reste de la ville était réduit en cendres.</p>
<div id="attachment_333" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/philosophie.jpg"><img class="size-full wp-image-333 " title="Chemin de la Philosophie" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/philosophie.jpg" alt="Chemin de la Philosophie" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Chemin de la Philosophie</p></div>
<p>En quittant le temple, il est impossible de manquer un canal étroit serpentant en direction du sud, bordé par un chemin surplombé de cerisiers et d&#8217;érables : bienvenue sur le chemin de la Philosophie ! Reliant le Ginkaku-ji au Nanzen-ji, il fut en effet le trajet emprunté quotidiennement par Nishida Kitaro, un professeur de philosophie de l&#8217;université de Kyoto au début du XX<sup>ème</sup> siècle. Ce chemin sait révéler tous ses attraits au printemps et à l&#8217;automne, quand il se retrouve à traverser ce tunnel respectivement rosé ou écarlate, formé par les fleurs de cerisier ou les feuilles d&#8217;érable.</p>
<p>On pourra tantôt s&#8217;écarter du chemin pour découvrir les quelques temples l&#8217;entourant, dont le Honen-ji, présentant une charmante porte rustique recouverte de chaume et un petit jardin sec, ou l&#8217;un des rares sanctuaires shintoïstes de la partie est de Kyoto, l&#8217;Otoya-jinja. Le chemin se poursuit ainsi jusqu&#8217;au complexe de temples du Nanzen-ji, terrassant le visiteur par sa colossale porte Sanmon.</p>
<div id="attachment_334" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/nanzen-ji.jpg"><img class="size-full wp-image-334 " title="Jardin sec du Hojo, Temple Nanzen-ji" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/nanzen-ji.jpg" alt="Jardin sec du Hojo, Temple Nanzen-ji" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Jardin sec du Hojo, Temple Nanzen-ji</p></div>
<p>Fondé à la fin du XIV<sup>ème</sup> siècle, il fut l&#8217;un des grands piliers de la culture zen à Kyoto, comme le prouvent les nombreux jardins secs situés en son sein. Ceux de la maison abbatiale (Hojo) sont particulièrement exquis, et la présence de peintures d&#8217;époque du célèbre peintre Kano Tenyu, telle celle du Tigre Buvant. </p>
<p>A la sortie du Hojo, on se retrouve face à un monument à l&#8217;apparence totalement incongrue : un  aqueduc de brique rouge s&#8217;élève en effet ici, bâti bien après le reste du temple (fin du XIX<sup>ème</sup>). Il faisait à l&#8217;origine partie d&#8217;un énorme projet de construction de canal qui devait servir à transporter des marchandises depuis la préfecture voisine de Shiga. Et de manière surprenante, il s&#8217;agit également du monument du Nanzen-ji qui attire le plus de touristes japonais&#8230;</p>
<h3>Le quartier Sud-Est</h3>
<p>Pour la seconde partie de la visite, il est conseillé de commencer le parcours à la nuit tombée, ou au lever du jour : nous entrons en effet dans l&#8217;un des quartiers les plus typiques de la ville, Gion. Dans la pénombre, vous aurez peut-être alors l&#8217;occasion d&#8217;entre-apercevoir une des fameuses geishas, véritables artistes traditionnelles maîtresses des arts &#8211; vous verrez d&#8217;ailleurs plus probablement des maiko, les apprenties geisha. Cependant, n&#8217;espérez pas trop profiter de leurs services le temps d&#8217;un repas : les vraies geishas ne dédient en effet leurs talents qu&#8217;à leurs clients réguliers (japonais, nantis, et influents de surcroît). Cependant, quelques spectacles publics sont également organisés au printemps et à l&#8217;automne pour contenter tous ces touristes frustrés.</p>
<div id="attachment_335" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/gion.jpg"><img class="size-full wp-image-335 " title="Quartier de Gion" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/gion.jpg" alt="Quartier de Gion" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Quartier de Gion</p></div>
<p>Mais revenons au quartier : les façades des maisons et auberges, toutes de bois recouvertes et décorées de lanternes savent parfaitement créer l&#8217;ambiance feutrée nécessaire à l&#8217;appréciation du quartier. De petites ruelles étroites serpentent entre les bâtiments, et l&#8217;on se plaira à se perdre dans celles-ci pour ressentir ne serait-ce que pour quelques instants le passé du quartier peser sur nos épaules. Fondé à l&#8217;époque féodale, le quartier avait pour vocation de répondre aux besoins des pèlerins via moult éventaires et maisons de thé, et sa réputation se renforça par l&#8217;installation d&#8217;un théâtre de kabuki en son sein, Gion devenant alors réellement le quartier des plaisirs de Kyoto.</p>
<p>A la sortie du quartier, on retrouve la porte écarlate du sanctuaire Yasaka fondé en 656 : le temple en lui-même n&#8217;a rien d&#8217;exceptionnel, mais est plus largement connu pour son festival, le célèbre Gion-matsuri. Les célébrations en elles-même s&#8217;étalent sur tout le mois de juillet, et connaissent leur apogée le 17, quand des dizaines de chars serpentent dans les rues du quartier, accompagnés de joueurs de flûte, tambour et gong pour célébrer le Yamanoko Junko. Cette fête a pour origine un rituel de purification sensé apaiser les dieux responsables des catastrophes naturelles : elle fut plus précisément créée en 869 afin de lutter contre l&#8217;épidémie de peste qui frappait alors Kyoto.</p>
<p>Mais reprenons la visite là où nous l&#8217;avions laissée : souvenez-vous, le soleil commençait à pointer et la ville à s&#8217;éveiller. Les geishas rentrent discrètement chez elles, et les premières échoppes commencent à ouvrir : le parfait moment pour commencer notre ascension vers le temple Kiyomizu-dera. Traversant le sanctuaire Yasaka, où les moines commencent à s&#8217;agiter pour préparer les premières célébrations de la journée, nous empruntons de calmes allées aux atmosphères paisibles dignes de l&#8217;ancienne Kyoto, bordées d&#8217;auberges discrètes et de maisons de thé.</p>
<div id="attachment_336" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/ninenzaha.jpg"><img class="size-full wp-image-336 " title="Ninenzaha" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/ninenzaha.jpg" alt="Ninenzaha" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Ninenzaha</p></div>
<p>On entre-aperçoit alors derrière les bâtiments un Bouddha monumental nous toisant du haut de ses 24 mètres, et consacré aux soldats japonais de la Seconde Guerre Mondiale. A l&#8217;opposé, une élégante pagode de quatre étages pointe, seul élément restant du temple bouddhiste siégeant ici d&#8217;antan. Passé ces deux éléments, nous pouvant alors emprunter une succession d&#8217;allées traditionnelles, bordées de boutiques présentant les spécialités de Kyoto : la Ninenzaha (二年坂 &#8211; <em>Pente des deux ans</em>) et la Sannenzaha (三年坂 &#8211; <em>Pente des trois ans</em>). La légende locale raconte que quiconque trébuche dans l&#8217;une de ces allées s&#8217;attire respectivement deux ou trois ans de malheur : vous voila prévenus !</p>
<p>Enfin, au terme de notre ascension, nous voilà accueillis par la silhouette écarlate du Kiyomizu-dera (清水寺 &#8211; <em>Temple de l&#8217;eau pure</em>). Ce temple bouddhique dédié à la déesse Kannon aux onze têtes est un véritable miracle de menuiserie : en effet, la terrasse de son bâtiment a été construite sans le moindre clou, et offre au passage une magnifique vue sur la ville. </p>
<div id="attachment_337" class="wp-caption aligncenter" style="width: 430px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/kiyomizu-dera.jpg"><img class="size-full wp-image-337 " title="Temple Kiyomizu-dera" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/kiyomizu-dera.jpg" alt="Temple Kiyomizu-dera" width="420" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Temple Kiyomizu-dera</p></div>
<p>Le Kiyomizu comprend nombre de temples secondaires, dont l&#8217;autel Jishu dédié à Okuninushi, dieu de l&#8217;amour et des bonnes rencontres. Deux &laquo;&nbsp;pierres d&#8217;amour&nbsp;&raquo; séparées de 18 mètres siègent à son pied, et la légende veut que quiconque arrivera à faire le trajet séparant ces deux pierres les yeux fermés trouvera le vrai amour (et s&#8217;il doit se faire assister par quelqu&#8217;un pour effectuer le trajet, il aura également besoin d&#8217;un intermédiaire pour trouver son âme-sœur).</p>
<p>Passées les nombreuses boutiques offrant talismans, encens et autres <a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/index.php/et-lannee-se-termina#omikuji">omikuji</a>, et traversant les temples attribuées à des divinités mineures, on arrivera finalement à la source donnant son nom au temple : des centaines de pèlerins viennent ici chaque jour pour boire l&#8217;eau aux vertus thérapeutiques s&#8217;écoulant de la roche sous forme de trois jets distincts représentant respectivement la sagesse, la santé et la longévité. Cependant, ne vous avisez pas à boire successivement aux trois jets pour bénéficier de leurs bienfaits : selon la croyance populaire, il s&#8217;agit du meilleur moyen de s&#8217;attirer le malheur !</p>
<div id="attachment_338" class="wp-caption aligncenter" style="width: 430px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/kiyomizu-dera2.jpg"><img class="size-full wp-image-338" title="Source du Temple Kiyomizu-dera" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/kiyomizu-dera2.jpg" alt="Source du Temple Kiyomizu-dera" width="420" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Source du Temple Kiyomizu-dera</p></div>
<p>Enfin, passant au pied du temple principal, on pourra admirer l&#8217;impressionnante charpente de bois soutenant la terrasse, et mieux saisir le sens de l&#8217;expression japonaise &laquo;&nbsp;se jeter du Kiyomizu-dera&nbsp;&raquo; (清水の舞台から飛び降りる, <em>Kiyomizu no butai kara tobioriru</em>), équivalent français de &laquo;&nbsp;se jeter à l&#8217;eau&nbsp;&raquo;. Cette expression remonte à une croyance de l&#8217;époque Edo qui voulait que quiconque survivait au saut depuis la terrasse du Kiyomizu-dera verrait son vœu se réaliser !</p>
<p><em>Article rédigé durant l&#8217;écoute des Préludes de Frédéric Chopin.</em></p>
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		<title>Kyoto, plongée au coeur du patrimoine japonais (1ère partie)</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 12:53:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thibault Voisin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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		<description><![CDATA[<p></p>
<p>Des temples, des pagodes, des jardins zen&#8230; Voila qui pourrait suffire à décrire l&#8217;ancienne capitale du Japon, Kyôtô. Dans ce berceau du patrimoine japonais, on finit par oublier les grands bâtiments de verre et de béton formant l&#8217;habituel paysage urbain nippon, tant l&#8217;architecture y est dépaysante. Plongée donc dans une ville où le temps semble s&#8217;être [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/fushimi1_tall.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-323" title="Sanctuaire de Fushimi" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/fushimi1.jpg" alt="Sanctuaire de Fushimi" width="600" height="151" /></a></p>
<p>Des temples, des pagodes, des jardins zen&#8230; Voila qui pourrait suffire à décrire l&#8217;ancienne capitale du Japon, Kyôtô. Dans ce berceau du patrimoine japonais, on finit par oublier les grands bâtiments de verre et de béton formant l&#8217;habituel paysage urbain nippon, tant l&#8217;architecture y est dépaysante. Plongée donc dans une ville où le temps semble s&#8217;être figé, et dans laquelle se mêlent bonzes et geishas, érables rouges et cerisiers en fleur, temples et palais.</p>
<p><span id="more-445"></span></p>
<h3>Un peu d&#8217;histoire</h3>
<p>Comme le laissait entendre l&#8217;introduction précédente, Kyôtô a donc été capitale de l&#8217;empire nippon pour la plus grande période de son existence : délaissant la ville de Nara (située à une cinquantaine de kilomètres au sud), la Cour Impériale s&#8217;installe donc à Heain-Kyô (平安京 &#8211; <em>capitale de la paix</em>) en 794, afin d&#8217;échapper au contrôle du clergé bouddhiste au sein du gouvernement impérial. Protégé sur trois de ses flancs par des monts, et baigné par la rivière Kamo, le site fut considéré comme idéal par l&#8217;empereur Kammu, qui décida ainsi d&#8217;y faire bâtir une cité suivant le modèle chinois.</p>
<p>La ville se développe rapidement et est rebaptisée Kyôtô (京都 -<em> ville capitale</em>) : la Cour Impériale s&#8217;y fait bâtir un palais, autour duquel commencent à poindre de nombreux temples (plus de 2000 !). Sous l&#8217;influence des nombreux courants culturels baignant la ville, on assiste à l&#8217;apparition de nouveaux canons d&#8217;esthétisme, fondés sur le bouddhisme zen et la cérémonie du thé, nés du croisement des idées portées par la cour, la caste des samouraïs et les religions bouddhiste et shinto. </p>
<div id="attachment_324" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/hongan-ji.jpg"><img class="size-full wp-image-324 " title="Hongan-ji" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/hongan-ji.jpg" alt="Temple Hongan-ji" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Temple Hongan-ji</p></div>
<p>Bien que détruite à de nombreuses reprises, suite à des tremblements de terre ou à la guerre d&#8217;Onin, la ville renaîtra toujours de ses cendres et gardera son statut de rôle de centre politique et administratif jusqu&#8217;à l&#8217;avènement du shogunat en 1600. Elle gardera officiellement son statut de capitale jusqu&#8217;en 1868, date à laquelle la cour impériale sera finalement transférée à Edo (ancienne Tôkyô).</p>
<p>De cette période de prospérité et de développement, on peut retrouver de nombreuses traces en arpentant les rues de la cité, et découvrant à chaque coin de rue un nouveau temple, un nouveau sanctuaire. Loin des villes perpétuellement modernes telles que Tokyo ou Osaka, Kyoto a ainsi su garder une empreinte plus que visible de sa splendeur passée.</p>
<p>Afin d&#8217;en faciliter sa visite virtuelle, on pourra ainsi découper la ville en trois zones distinctes :</p>
<ul>
<li>Tout d&#8217;abord, <a href="#gare">la gare et ses alentours</a>, ainsi que le sanctuaire de Fushimi situé plus au sud ;</li>
<li><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/index.php/kyoto-plongee-…is-2eme-partie/#est">La partie est de la ville</a>, partant au nord du Temple d&#8217;Argent (Ginkaka-ji), traversant les vieux quartiers de Gion et arrivant au temple d&#8217;eau (Kiyomizu-dera);</li>
<li>Enfin, <a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/index.php/kyoto-plongee-…is-3eme-partie/#nord-ouest">la partie Nord-Ouest</a>, partant du complexe de temple Daitoku-ji pour arriver aux jardins zen du Ryoan-ji (et englobant également le château Nijo, que je ne savais pas où placer)</li>
</ul>
<h3 id="gare">La gare et ses alentours</h3>
<p>Après vous avoir présenté si longuement le patrimoine historique de Kyoto, donnant un aperçu de l&#8217;époque féodale du Japon, et à peine commencée la visite de la ville, je m&#8217;en vais commencer par une digression (oui, je t&#8217;ai entendu, toi au fond : &laquo;&nbsp;Eh bah ça commence bien!&nbsp;&raquo;). En effet, à moins que vous ne soyez résident permanent de Kyoto, vous devrez impérativement passer par cette étape avant de commencer la moindre visite. J&#8217;ai nommée : la gare de Kyoto.</p>
<div id="attachment_325" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/kyoto_station.jpg"><img class="size-full wp-image-325 " title="Gare de Kyoto" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/kyoto_station.jpg" alt="Gare de Kyoto" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Gare de Kyoto</p></div>
<p>Je dois vous l&#8217;accorder, la plupart du temps, les gares ne sont pas des joyaux d&#8217;architecture (quoique des contre-exemples existent évidemment, telle celle d&#8217;une charmante préfecture tourangelle). Cependant, la gare de Kyoto, bien que singulièrement moderne (c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire, les travaux ayant été terminés en 1997), mérite le détour : l&#8217;intérieur, formé de mezzanines s&#8217;étalant sur 70 mètres de hauteur, est indéniablement stupéfiant. On se plaira alors à gravir les escaliers à semi-ciel ouvert menant au sommet pour apprécier une vue de Kyoto et de ses environs, de préférence de nuit, pour ensuite traverser la gare via le Skyway, passage vitré surplombant la gare à pas moins de 45 mètres de hauteur. Le caractère moderne de la gare a d&#8217;ailleurs soulevé de nombreuses critiques lors de son édification, les kyotoïtes digérant mal l&#8217;absence totale d&#8217;éléments japonais traditionnels. On notera à quelques mètres de la gare la présence de la tour de Kyôtô, haute de 131 mètres et érigée pour célébrer les Jeux Olympiques de Tôkyô de 1964.</p>
<div id="attachment_326" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/toji.jpg"><img class="size-full wp-image-326 " title="Pagode du temple To-ji" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/toji.jpg" alt="Pagode du Temple Tô-ji" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Pagode du temple Tô-ji</p></div>
<p>S&#8217;éloignant de la gare vers le sud-ouest, derrière les bâtiments gris de la ville se laisse deviner une structure imposante se détache la silhouette de l&#8217;un des monuments emblématiques de la ville de Kyoto : la pagode du temple Tô-ji (東寺 &#8211; temple de l&#8217;ouest). Pénétrant dans l&#8217;enceinte du temple, on est tout de suite impressionné par l&#8217;imposant édifice nous toisant du haut de ses 55 mètres, et prenant ses racines au sein d&#8217;un sympathique jardin japonais. Du haut de ses cinq étages, elle s&#8217;avère être la plus haute structure en bois du Japon, et fut édifiée en 796 (la structure actuelle date cependant de 1603, l&#8217;ancienne pagode ayant été détruite par un incendie). </p>
<p>Destiné à protéger la ville, ce temple est ainsi l&#8217;un des premiers à avoir été bâti dans l&#8217;ancienne capitale. Sa création est attribuée au moine Kukai, célèbre entre autres pour avoir introduit la religion bouddhiste au Japon, créé le syllabaire kana, encore utilisé aujourd&#8217;hui, ou encore rédigé le premier dictionnaire japonais (rien que ça!).</p>
<div id="attachment_328" class="wp-caption aligncenter" style="width: 430px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/toji2.jpg"><img class="size-full wp-image-328 " title="Temple To-ji" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/toji2.jpg" alt="Allée de torii du sanctuaire de Fushimi" width="420" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Détail de la toiture du Kondo du temple Tô-ji</p></div>
<p>Outre la pagode, le temple comporte deux autres bâtiments, le Kodo (salle de conférence) et le Kondo (temple principal) bâtis au XVII<sup>ème</sup> siècle. Leur aspect poussiéreux et vieilli, identique à celui de la pagode, surprend un peu face aux autres temples de la ville, d&#8217;habitude mis en valeur par leur beauté moussue. Les deux bâtiments abritent cependant de superbes statues représentant des divinités du panthéon bouddhiste : dans le Kodo, on retrouve ainsi 21 statues datant du IX<sup>ème</sup> siècle formant un mandala à trois dimensions. On retrouve ainsi, entourant le Bouddha Cosmique au centre, symbole de l&#8217;illumination, quatre Bodhisattva (Bouddhas &laquo;&nbsp;ordinaires&nbsp;&raquo;), cinq Bosatsu (rang juste en dessous du Bouddha), cinq Myo-o (rois de la lumière), quatre rois Deva (divinités n&#8217;ayant pas atteint le rang de Bodhisattva) dans les coins, ainsi que Bonten et Taishakuten, deux divinités des douze directions (respectivement le haut et l&#8217;est).</p>
<p>Le temple principal contient quand à lui trois statues imposantes de Yakushi Nyorai, le Bouddha de la Guérison, assis sur un socle porté par douze Yaksa, généraux de son armée, et encadré par deux de ses serviteurs, Gakko et Nikko. La pagode, que l&#8217;on ne peut visiter que quelques jours par an, contient quand à elle les statues de quatre bouddhas et de leurs disciples.</p>
<div id="attachment_327" class="wp-caption aligncenter" style="width: 430px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/hongan-ji2.jpg"><img class="size-full wp-image-327 " title="Temple Hongan-ji" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/hongan-ji2.jpg" alt="Temple Nishi Hongan-ji" width="420" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Temple Nishi Hongan-ji</p></div>
<p>Au nord de la gare se situent également deux temples jumeaux, le Nishi Hongan-ji (西本願寺 &#8211; Temple Ouest du Premier Serment)et le Higashi Hongan-ji (東本願寺 &#8211; Temple Est du Premier Serment), à la disposition quasi-identique. Datant du XIV<sup>ème</sup> siècle, ces deux temples sont ainsi formés de deux temples : le Goei-do (temple du fondateur) et l&#8217;Amida-do, contenant une effigie du bouddha Amida. Certes point les plus beaux temples de l&#8217;ancienne capitale, ils n&#8217;en restent pas moins impressionnants de par leur taille imposante.</p>
<p>Enfin, dernier élément intéressant &#8211; et non des moindres &#8211; situé à proximité de la gare : le sanctuaire de Fushimi. Un peu excentré (il vous faudra prendre la Nara Line à la gare de Kyôtô, et descendre à l&#8217;arrêt Inari), il constitue à mon avis l&#8217;un des plus beaux sites de la ville. Partant d&#8217;un sanctuaire dédié au kami shinto Inari (dieu protecteur des céréales et du commerce), une allée de torii vermillons (portiques marquant l&#8217;entrée d&#8217;un sanctuaire) s&#8217;élève sur le flanc de la montagne, sensée abriter le dieu Inari lui-même. </p>
<div id="attachment_328" class="wp-caption aligncenter" style="width: 430px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/fushimi2.jpg"><img class="size-full wp-image-328 " title="Sanctuaire de Fushimi" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/fushimi2.jpg" alt="Allée de torii du sanctuaire de Fushimi" width="420" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Allée de torii du sanctuaire de Fushimi</p></div>
<p>Les milliers de torii plantés le long du chemin forment ainsi une allée serpentant sur quelques kilomètres, et traversant des sanctuaires dédiés à la déesse Inari, et protégés par des statues de kitsune (renard) montant la garde et honorant le kami du lieu. Ces portiques ont en fait été offerts par des particuliers ou des entreprises en guise d&#8217;offrande à Inari, afin d&#8217;attirer le regard bienfaiteur du dieu.</p>
<div id="attachment_329" class="wp-caption aligncenter" style="width: 325px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/fushimi3.jpg"><img class="size-full wp-image-329 " title="Sanctuaire de Fushimi" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/03/fushimi3.jpg" alt="Sanctuaire de Fushimi, Kitsune" width="315" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Sanctuaire de Fushimi, Kitsune</p></div>
<p>Seul petit inconvénient, cela dit : la présence massive de touristes tend à gâcher un peu la sérénité du lieu. On préférera ainsi s&#8217;y rendre tôt (vers 7-8 heures), pour profiter des allées désertes, illuminées par des lanternes, et assister au lever du soleil sur le sanctuaire, ainsi qu&#8217;aux premières activités du sanctuaire situé en contrebas, animé par les va-et-vient incessants des prêtres. En s&#8217;éloignant un peu des chemins les plus fréquentés (Sénèque serait content de voir une application concrète de ses discours), on pourra également tomber sur un groupe de pratiquants de la religion shinto récitant des sutras, ajoutant un peu à la dimension mystique du lieu.</p>
<p><em>Cet article a été rédigé durant l&#8217;écoute de Miele dal Salice, par <a title="MySpace de Dismal" href="http://www.myspace.com/dismalsaturno">Dismal</a></em></p>
<div class="footnotes"><strong>Notes : </strong><br />
Pour plus d&#8217;informations sur le temple Tô-ji, vous pourrez vous rendre <a href="http://www.japannavigator.com/junrei/reijo/9-ban.htm">ici</a> (site en anglais). <br/>Des photographies des statues du temple sont également disponibles <a href="http://www.digital-images.net/Gallery/Scenic/Japan/Temples_3/body_temples_3.html#Toji">là</a> (celles-ci étant interdites à l&#8217;intérieur du temple pour des raisons évidentes de conservation, je ne peux ainsi vous en proposer).
</div>
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		<title>Et l&#8217;année se termina&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Jan 2010 15:18:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thibault Voisin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tandis que dans nos provinces françaises, les fêtes de fin d'année sont synonyme de convivialité et de débordements, c'est le silence a contrario qui tombe sur le territoire nippon. Pendant les trois jours durant lesquels le Japon va se mettre en pause, profitant d'une courte trêve propice au repos et au recueillement. Tour rapide de cette importante période pour le peuple japonais. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/securecat/3153008839/"><img class="aligncenter size-full wp-image-320" title="kadomatsu" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/01/kadomatsu.jpg" alt="Kadomatsu" width="600" height="151" /></a></p>
<p>Tandis que dans nos provinces françaises, les fêtes de fin d&#8217;année sont synonyme de convivialité et de débordements, c&#8217;est le silence a contrario qui tombe sur le territoire nippon. Pendant les trois jours durant lesquels le Japon va se mettre en pause, profitant d&#8217;une courte trêve propice au repos et au recueillement.</p>
<p><span id="more-310"></span></p>
<p>Et pour couper court à toutes vos interrogations, je ne parlerai pas ici de Noël : si cette fête possède encore un caractère religieux dans nos contrées (quoique prenant un caractère de plus en plus commercial), elle s&#8217;avère totalement païenne : ne pas oublier que les deux principales religions pratiquées au Japon sont le bouddhisme et le shintoïsme ! La fête de Noël n&#8217;a été introduite dans le pays que durant l&#8217;ère Meiji (fin XIXème, donc), et ressemble plus au final à une Saint-Valentin bis. Les seules similitudes que l&#8217;on pourra au final retrouver résident dans les décorations lumineuses et les sapins décorant les quartiers commerçants. Pour résumer, c&#8217;est donc l&#8217;occasion pour les couples de sortir au restaurant et dans certaines familles, de faire des cadeaux aux enfants et de manger le fameux &laquo;&nbsp;gâteau de Noël&nbsp;&raquo; (chose suffisamment rare pour être notée, connaissant la fréquence à laquelle les japonais ont l&#8217;occasion de manger des pâtisseries).</p>
<p>Tirons donc un trait sur Noël, pour nous concentrer sur le véritable événement fêté en cette fin d&#8217;année au Japon : le Nouvel An. Tout d&#8217;abord, chose singulière, que vous aurez peut-être notée : le nouvel an japonais se fête le premier janvier, et non pas le jour du nouvel an chinois (le 14 février cette année), comme le célèbrent généralement la plupart des pays d&#8217;Asie du Sud-Est. Cela s&#8217;explique par l&#8217;adoption pour des raisons économiques du calendrier occidental lors de l&#8217;ère Meiji (en 1872, exactement), et l&#8217;abandon &#8211; relatif &#8211; du calendrier japonais basé sur les ères<sup>[<a id="rev-1" title="Note 1" href="#note-1">1</a>]</sup>. Mais loin de moi l&#8217;idée de le comparer bêtement à notre nouvel an occidental : il prend en effet au Japon une dimension religieuse supplémentaire, comme nous le verrons plus bas.</p>
<p>Tout d&#8217;abord, dans les dernières semaines de l&#8217;année, les japonais se retrouvent avec leur collègues, amis pour fêter la fin de l&#8217;année, alcool aidant durant des soirées animées (généralement en <a title="Résidence et Ville (3ème partie) &lt;&lt; Melon (ja)Pan" href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/index.php/residence-et-ville-3eme-partie/#quartier" target="_blank">izakaya</a>), répondant au doux nom de 忘年会 [<em>Bônenkai</em> : réunion pour oublier l'année]. Comme son nom l&#8217;indique, le but principal est d&#8217;oublier les problèmes et malheurs de l&#8217;année passée. Dans cette même optique, il est également coutume de se débarrasser des dettes de l&#8217;année passée durant cette période afin de commencer la nouvelle année sur de bonnes bases.</p>
<p>Dans la lignée des bonnes résolutions, les japonais vont pratiquer un grand nettoyage, l&#8217;ôsôji (大掃除<em><em>)</em></em>, afin de purifier la maison et de chasser les démons qui seraient susceptibles de l&#8217;avoir envahie (selon les principes shintô). L&#8217;occasion donc d&#8217;aérer les tatamis, de remplacer le papier des parois coulissantes (pour les demeures traditionnelles) et de jeter les objets abîmés. Enfin, les maisons sont généralement décorées de 門松 (kadomatsu),  arrangements floraux d&#8217;origine chinoise composés de branches de pins et  de bambou, représentant respectivement la longévité et la santé.</p>
<div id="attachment_321" class="wp-caption aligncenter" style="width: 370px"><a href="http://www.flickr.com/photos/dnak/3162817584/"><img class="size-full wp-image-321 " title="oseshiryori" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/01/oseshiryori.jpg" alt="Oseshiryori" width="360" height="241" /></a><p class="wp-caption-text">Oseshiryori, par dnak</p></div>
<p>Les premiers jours de l&#8217;année étant destinés au repos et au recueillement, toute activité se doit d&#8217;être suspendue, y compris la cuisine. Ainsi, quelques jours avant le réveillon, les mères de famille s&#8217;affairent à préparer des plats à l&#8217;avance qu&#8217;elles placeront dans des boîtes à bentô prévues à cet effet (ou les achètent directement préparées au supermarché du coin). Elles sont constituées de plats représentatifs :  les racines de Lotus (percées naturellement de nombreuses ouvertures) représentent le fait de pouvoir appréhender le futur, le gâteau de riz Mochi, plutôt élastique, est lui sensé annoncer une longue vie, et les haricots mamemushi (lit. <em>assuidité au travail</em>) forment un bon présage pour les activités professionnelles.</p>
<p>Le soir du premier de l&#8217;an est généralement passé en famille autour d&#8217;une soupe nabe (sorte de soupe/pot-au-feu) ou d&#8217;un kake (littéralement, &laquo;&nbsp;dettes&nbsp;&raquo;) accompagné de nouilles soba, signe que l&#8217;on s&#8217;est débarrassé de tous ses problèmes financiers avec l&#8217;arrivée du premier de l&#8217;an. Il est d&#8217;usage pendant le repas d&#8217;offrir des étrennes aux enfants (お年玉 : otoshidama), coutume originaire de Chine, et symbolisant à l&#8217;origine le partage des récoltes entre parents et enfants. On ne peut bien sûr pas échapper ici non plus aux émissions télévisées de variété célébrant le nouvel an (la plus suivie ici étant Kohaku).</p>
<div id="attachment_322" class="wp-caption aligncenter" style="width: 430px"><a href="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/01/ema.jpg"><img class="size-full wp-image-322 " title="ema" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2010/01/ema.jpg" alt="Tablettes Ema" width="420" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Tablettes Ema</p></div>
<p>Passés les 108 coups de minuit &#8211; sensés supprimer les 108 bonnô (passions, fautes) affligeant continuellement les hommes &#8211; sonnés à la cloche des différents temples bouddhistes, il est coutume de se rendre dans les temples bouddhistes et shintô pour le 初詣 (hatsumode : première visite au temple), afin de prier et de tirer ses prédictions pour l&#8217;année à venir (お神籤 : omikuji). Pour ceux qui, comme moi, tireraient une &laquo;&nbsp;super mauvaise chance&nbsp;&raquo; (littéralement), il est possible de l&#8217;exorciser en la nouant à un pin près du sanctuaire pour conjurer le mauvais sort. On peut également en profiter pour accrocher un ema, plaquette en bois marquée de l&#8217;animal zodiacal de l&#8217;année (cette année, le tigre) sur laquelle on va tracer ses voeux pour l&#8217;année à venir. Le Meiji-jingû, sanctuaire shintô en hommage à l&#8217;empereur Meiji situé près du parc de Yoyogi à Tôkyô, reçoit ainsi plus de quatre millions de visiteurs chaque année durant les trois premiers jours de l&#8217;année.</p>
<p><em>Article rédigé durant l&#8217;écoute de l&#8217;album Nera, par <a title="Rome Official Website" href="http://romepage.eu/" target="_blank">Rome</a>.</em></p>
<div class="footnotes">
<p><span style="color: #888888;"><strong>Notes</strong></span></p>
<p><span style="color: #888888;"><a><sup>[</sup></a><sup><a id="note-1" href="#rev-1">1</a>]</sup> Chaque ère correspond en fait à la période de règne d&#8217;un empereur : nous sommes donc actuellement en l&#8217;an 22 de l&#8217;ère Heisei (littéralement,<em> Paix Universelle</em>), qui correspond au règne de l&#8217;Empereur Akihito. Ce calendrier ne peut en aucun cas être considéré comme obsolète : il est toujours utilisé dans la plupart des documents officiels (mais le grégorien est également reconnu).<br />
</span></p>
</div>
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		<title>Robots du Soleil Levant&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 20:03:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thibault Voisin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"></p>
<p style="text-align: justify;">&#8230; ou Robots de l&#8217;Aube ? Avec ce titre en l&#8217;hommage à l&#8217;ami Asimov, je m&#8217;en viens vous présenter l&#8217;International Robot Exhibition, l&#8217;une des plus importantes conventions de robotique prenant place dans la patrie des androïdes et autres ASIMO. Direction donc le Tokyo Big Sight, site d&#8217;expositions situé sur l&#8217;île artificielle d&#8217;Odaiba, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/nextage.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-281" title="Nextage, par Kawada" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/head.jpg" alt="Nextage, par Kawada" width="600" height="150" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">&#8230; ou Robots de l&#8217;Aube ? Avec ce titre en l&#8217;hommage à l&#8217;ami Asimov, je m&#8217;en viens vous présenter l&#8217;International Robot Exhibition, l&#8217;une des plus importantes conventions de robotique prenant place dans la patrie des androïdes et autres ASIMO. Direction donc le Tokyo Big Sight, site d&#8217;expositions situé sur l&#8217;île artificielle d&#8217;Odaiba, en plein centre de la baie de Tokyo, pour un aperçu des dernières trouvailles des entreprises japonaises en robotique.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-279"></span>Mais tout d&#8217;abord, tachons de comprendre pourquoi le Japon s&#8217;est ainsi imposé comme leader dans ce marché de la robotique &#8211; il détient 60% du marché mondial &#8211; , et orienté une bonne partie de sa recherche industrielle vers cet axe de recherche et ce, depuis le début des années 90. Il s&#8217;avère en fait que le Japon se trouve actuellement dans une crise démographique sans précédent : le taux de natalité est très bas (1,36 enfants par femme) et ne se suffit pas à assurer le renouvellement de la population, et le vieillissement de la population cause un réel problème dans le pays où l&#8217;espérance de vie est la plus importante au monde (le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans devrait ainsi dépasser 40% de la population totale d&#8217;ici 2050). Le développement de la robotique de service s&#8217;est ainsi imposé comme un moyen de contrer l&#8217;évolution de la démographie japonaise. Le gouvernement japonais finance dans cet objectif près de 20% de la recherche et du développement en matière de robotique (ne comparez pas au budget gouvernemental de la recherche en France, vous allez vous faire du mal).</p>
<p style="text-align: justify;">Toujours est-il que les robots se sont vite imposés comme un moyen de combler le manque d&#8217;ouvriers non-qualifiés dans le pays, et de remplacer l&#8217;homme de manière générale dans tous les travaux jugés répétitifs, dangereux, ou ingrats. Le parfait exemple pouvant illustrer ces propos réside dans l&#8217;une des premières démonstrations auxquelles nous avons pu assister, celle du robot Nextage de Kawada Industries. Aux apparences vaguement humanoïdes (les développeurs l&#8217;ont ainsi muni d&#8217;un tronc, de deux bras et d&#8217;une tête), le Nextage est ainsi capable d&#8217;effecteur nombre d&#8217;opérations, et de manipuler et altérer des pièces mécaniques avec dextérité. Ses constructeurs ont également poussé le vice jusqu&#8217;à faire hocher de la &laquo;&nbsp;tête&nbsp;&raquo; le robot au poste de contrôle lorsqu&#8217;il valide le montage d&#8217;une pièce. Un brin dérangeant, tout de même.</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="560" height="340" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/ke8yFtr9FAE&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="340" src="http://www.youtube.com/v/ke8yFtr9FAE&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: center;"><em>Le robot Nextage, par Kawada Industries (publié par <a title="Chaîne Youtube de plasticpals1" href="http://www.youtube.com/user/plasticpals1" target="_blank">plasticpals1</a>)</em></p>
<p style="text-align: justify;">Le but n&#8217;est cependant pas de remplacer entièrement l&#8217;homme dans les entreprises, mais plutôt de l&#8217;assister, à travers une égale répartition des rôles. Ce sera cet unique point qui permettra de les faire accepter, à la fois dans les compagnies et dans la société. Quoique, sur ce dernier point, le plus gros est déjà fait : une grande partie du public japonais a déjà accueilli à bras ouverts ces machines, en grande partie grâce à leur vulgarisation par les spécialistes en robots industriels.</p>
<p style="text-align: justify;">On pourra ainsi croiser dans les allées de la convention un robot de la firme Yaskawa, le Motoman, en train de préparer des okonmiyakis, sortes de crêpes salées épaisses fourrées aux légumes ou plus loin, le même robot en train d&#8217;effectuer une chorégraphie, brandissant fièrement des éventails sous le nez des passants amusés. Des petits automates de divertissement traversent les allées en dansant, tournant, chantant, voire volant, et démontrent clairement cette volonté d&#8217;acclimater le grand public à la présence de ces objets animés.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_282" class="wp-caption aligncenter" style="width: 490px"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/servant.jpg"><img class="size-full wp-image-282  " title="Motoman SmartPal, par Yaskawa Electric" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/servant.jpg" alt="SmartPal, robot serviteur, par Yaskawa industries" width="480" height="360" /></a><p class="wp-caption-text">Motoman SmartPal, robot serviteur, par Yaskawa Electric</p></div>
<p>D&#8217;un point de vue plus utile, on peut également trouver des robots d&#8217;assistance divers et variés : androïde serviteur, capable de répondre à la moindre de vos demandes (récupérer un aliment dans le réfrigérateur, un journal sur une table, et vous les apporter, par exemple), cadre permettant de tourner les pages d&#8217;un livre avec délicatesse, ou borne de supermarché ambulante. Tous ces robots sont majoritairement destinés à accompagner des personnes incapables d&#8217;effectuer certaines actions par elles-mêmes : une manière de répondre au vieillissement de la population énoncé plus haut.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;un point de vue plus médical, on retrouve des automates capables d&#8217;effectuer des opérations plus pointues. Des mains bioniques se saisissent d&#8217;aiguilles posées sur une table (chose pour laquelle on galère pas mal soi-même), attrapent des ballons ou des sushis (!). Destinés à devenir prothèses ou moyens de manipuler des objets à distance, elles en deviennent d&#8217;autant plus impressionnantes quand, répondant à leur poignée de main, on se prend à vouloir saluer ce bras artificiel comme on le ferait pour un humain. Des démonstrations montrent également des humains manipuler ces membres à distance, qui suivent au micromètre près le déplacement de chaque doigt. Parfait pour les manipulations délicates, donc (je pense notamment à des applications dans le domaine de la chirurgie ou de la chimie, lors de manipulations en salles blanches).</p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_283" class="wp-caption aligncenter" style="width: 490px"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/main.jpg"><img class="size-full wp-image-283 " title="Main bionique, par Denso Wave Inc." src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/main.jpg" alt="Main bionique, par Denso Wave Inc." width="480" height="360" /></a><p class="wp-caption-text">Main bionique, par Denso Wave Inc.</p></div>
<p>Un bébé phoque en peluche nous couine aux oreilles, et possède de même une application thérapeutique : tenant compagnie aux personnes âgées en maison de repos, il a prouvé son efficacité en réduisant les symptômes dus au syndrome d&#8217;Alzheimer. A quelques mètres de celui-ci siège un autre androïde, capable selon ses concepteurs de procéder à un accouchement (testé sur des chiens apparemment). J&#8217;avoue que j&#8217;hésiterais à lui confier rien que mon hamster&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;un point de vue plus industriel, les différents entreprises présentes quant à elles leurs derniers modèles de chaînes et de robots manipulateurs : la tendance du moment semble d&#8217;ailleurs être aux &laquo;&nbsp;multi-bras&nbsp;&raquo;, où les effecteurs sont reliés à la base par une demi-douzaine de bras mobiles indépendants, qui augmentent la célérité et la précision de son mouvement. Diverses démonstrations montrant des machines assemblant des circuits composés, plaçant des pilules dans des boîtes, etc. permettent de prouver les capacités de ces engins.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_284" class="wp-caption aligncenter" style="width: 490px"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/fanuc.jpg"><img class="size-full wp-image-284 " title="M-1iA, par FANUC Robotics" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/fanuc.jpg" alt="M-1iA, par FANUC Robotics" width="480" height="360" /></a><p class="wp-caption-text">M-1iA, par FANUC Robotics</p></div>
<p style="text-align: justify;">Un bras mobile occupe également une bonne partie du salon, capable de soulever jusqu&#8217;à une tonne, et pouvant faire effectuer à l&#8217;objet ainsi porté moult translations et rotations. Le robot que l&#8217;on voyait plus tôt confectionner les okomiyakis se voit ainsi charger d&#8217;assembler un moteur, tandis qu&#8217;un autre manipule un laser haute-précision. Toujours dans l&#8217;objectif de minimiser les efforts subis par l&#8217;homme, on voit également poindre quelques exemples d&#8217;exo-squelettes, appareils destinés à renforcer les capacités de l&#8217;utilisateur : lors de la démonstration, on pouvait ainsi voir des cobayes porter sans difficulté aucune une trentaine de kilos (du moins jusqu&#8217;à ce que l&#8217;expérimentateur ne coupe le circuit).</p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_285" class="wp-caption aligncenter" style="width: 490px"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/actroid.jpg"><img class="size-full wp-image-285 " title="L'androïde Actroid, par la Kokoro Company" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/actroid.jpg" alt="L'androïde Actroid, par la Kokoro Company" width="480" height="360" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;androïde Actroid, par la Kokoro Company</p></div>
<p>Enfin, dernier point, et peut-être le plus impressionnant (inquiétant ?) de tous, la présence d&#8217;androïdes à apparence humaine sur le salon a fini de démontrer l&#8217;avancée technologique dans le domaine de la robotique du Japon. Passant à proximité d&#8217;un stand, je remarque une hôtesse assise, répondant aux questions (simples) des visiteurs. En s&#8217;approchant un peu plus &#8211; et seulement à cet instant &#8211; on peut cependant remarquer que cette hôtesse est en fait un cyborg intégral, reproduisant très fidèlement des mouvements humains.</p>
<p style="text-align: justify;">Et quand on sait que le Japon annonce les premiers robots &laquo;&nbsp;intelligents&nbsp;&raquo; pour 2015, on peut imaginer n&#8217;être pas si loin du but, effectivement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Article rédigé durant l&#8217;écoute de Hymn to the Immortal Wind, de <a title="Mono - Official Site" href="www.mono-jpn.com/" target="_blank">Mono</a>.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A lire sur le même sujet :</strong><br />
- <a title="Robot : Japon : Aujourd'hui le Japon" href="http://www.aujourdhuilejapon.com/rechercher.asp?MotsClesTheme=Robot">Aujourd&#8217;hui le Japon</a>, actualités diverses concernant la robotique.<br />
- <a title="Live Japon : des nouvelles des robots" href="http://www.clubic.com/actualite-84690-live-japon-robots.html" target="_blank">Live Japon : des nouvelles des robots</a>, par Vincent Ramarques</p>
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		</item>
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		<title>Festival de Mita (三田祭)</title>
		<link>http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/index.php/mita-festival/</link>
		<comments>http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/index.php/mita-festival/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 24 Nov 2009 18:14:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thibault Voisin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autres]]></category>
		<category><![CDATA[Keio University]]></category>
		<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[Jade]]></category>
		<category><![CDATA[Keio]]></category>
		<category><![CDATA[minato]]></category>
		<category><![CDATA[Miss]]></category>
		<category><![CDATA[Mita]]></category>
		<category><![CDATA[University]]></category>

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		<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"></p>
<p style="text-align: justify;">Quel dommage, on eût été en été, j&#8217;aurais pu me fendre d&#8217;un jeu de mot bien vaseux dans le titre de cet article, afin de ne pas déroger à la tradition&#8230; Mais que voulez-vous ma pauvre dame, il n&#8217;y a plus de saisons.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour revenir au sujet (qui ne concerne donc [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/entree_festival2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-271" title="Entrée Festival" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/entree_festival.jpg" alt="Entrée Festival" width="600" height="153" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Quel dommage, on eût été en été, j&#8217;aurais pu me fendre d&#8217;un jeu de mot bien vaseux dans le titre de cet article, afin de ne pas déroger à la tradition&#8230; Mais que voulez-vous ma pauvre dame, il n&#8217;y a plus de saisons.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour revenir au sujet (qui ne concerne donc point la météo japonaise, pour une fois), la présente note vous fera parcourir les allées peuplées du festival du campus de Mita, organisé par les élèves de l&#8217;université de Keio ce 22 novembre.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-266"></span>En effet, par tradition, toute école, lycée, université japonaise se doit d&#8217;organiser une fois par an un festival culturel, ayant pour vocation de présenter les travaux de chaque classe, association sportive et culturelle, de l&#8217;école. Plus de deux mois auparavant, tous nos amis japonais se mettent donc en branle pour se figurer le sujet de l&#8217;activité présentée, et les moyens de la réaliser. Généralement, les jours de cours entourant la date du festival se trouvent également banalisés, afin de laisser le temps aux élèves de préparer leurs stands et de décorer les lieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le cas de Keio, où l&#8217;on ne lésine pas avec les apparences, c&#8217;est une semaine entière qui sera banalisée, pour un festival durant quatre jours, et qui accueillera plus de 200 000 personnes (40 000 selon la police, etc.). La plupart des classes et allées de l&#8217;université seront ainsi occupés par des stands, vendant tous types de nourriture, et proposant des activités diverses et variées : ring occupé par des catcheurs et démonstrateurs d&#8217;arts martiaux, scènes de concert et de danse, ateliers d&#8217;art, expositions, maison hantée, et j&#8217;en passe&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_272" class="wp-caption aligncenter" style="width: 490px"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/mita_fes.jpg"><img class="size-full wp-image-272 " title="Allées du Mita Festival" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/mita_fes.jpg" alt="Allées du Mita Festival, par Alif" width="480" height="360" /></a><p class="wp-caption-text">Allées du Mita Festival, par Alif</p></div>
<p>Impossible également de faire trois pas sans se faire accoster par un des élèves de Keio, tenant à nous faire profiter de leur stand, et nous faisant traverser couloirs et grimper escaliers pour nous amener à celui-ci (pas toujours à la hauteur de la publicité, d&#8217;ailleurs). Des Dark Vador, Pikachu et autres personnages d&#8217;animation japonaise se pressent donc dans les couloirs, prêts à sauter sur le visiteur insouciant.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais les principaux événements du festival restent encore à découvrir : une file impressionnante serpente en effet à travers les corridors de l&#8217;école, s&#8217;étalant à perte de vue. Les soupirs d&#8217;exaspération et les piétinements d&#8217;impatience se font peu à peu entendre au fur et à mesure que l&#8217;heure fatidique approche. On polit son objectif, libère sa carte mémoire : le concours des Miss Keio 2009 va bientôt débuter.</p>
<p style="text-align: justify;">Ruée à l&#8217;ouverture des portes (enfin, ruée à la japonaise, hein : pas de bousculades ni de râlements envisageables, donc), et la foule se déverse dans le grand amphithéâtre. On est bien loin des élections au guelomètre des miss à la façon Grandes Ecoles ! Chaque membre de l&#8217;assemblée se voit distribuer un livret présentant en détail chacune des six finalistes : âge, groupe sanguin (très important au Japon !), centres d&#8217;intérêt&#8230; La présentatrice, célébrité japonaise, introduira enfin les six lauréates, arrivant sur scène en robe de mariée. L&#8217;heureuse élue s&#8217;avérera finalement celle à laquelle on s&#8217;attendait le moins&#8230; question de culture, semblerait-il !</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, je ne verrai rien de cette cérémonie, étant bloqué dans la procession &#8211; étalée sur 3 étages &#8211; menant au deuxième gros événement de ce festival : la représentation des danseurs du groupe JADE. Enchaînant les prestations tout au long de la journée, ils nous feront ainsi profiter de leurs talents sur des styles de musique divers, allant de la pop au rock en passant par le rap et le r&#8217;n'b (argh !). On aime ou pas les styles de musique, mais il faut avouer que leurs chorégraphies valent le détour &#8211; d&#8217;où leur relative célébrité au Japon.</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="560" height="340" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/oPAwZX_SoC4&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="340" src="http://www.youtube.com/v/oPAwZX_SoC4&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: center;"><a title="JADE au Mita Festival, naochanbeat" href="http://www.youtube.com/watch?v=oPAwZX_SoC4" target="_blank">JADE au Mita Festival, naochanbeat</a>, par <a title="Youtube - Chaîne de rinaaako" href="http://www.youtube.com/user/rinaaako" target="_blank">rinaaako</a></p>
<p style="text-align: justify;">Petite pensée finale pour les étudiants chargés de démonter leurs stands le lendemain, après avoir passé quatre journées à courir dans tous les sens sans pouvoir prendre beaucoup de sommeil, tandis que nous autres graduate students profitons de notre semaine banalisée&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Article rédigé durant l&#8217;écoute de A Change of Seasons de <a title="YourMajesty.net" href="http://www.yourmajesty.net/" target="_blank">Dream Theater</a>.</em></p>
<p style="text-align: justify;">PS : Merci à Norig et Alif pour les photos (j&#8217;avais en effet oublié mon appareil) !</p>
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		<title>Soba, c&#8217;est plus fort que toi !</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 00:55:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thibault Voisin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gastronomie]]></category>
		<category><![CDATA[Nouilles]]></category>
		<category><![CDATA[Recette]]></category>
		<category><![CDATA[Sarrasin]]></category>
		<category><![CDATA[Soba]]></category>

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		<description><![CDATA[Article donnant la recette des nouilles de sarrasin japonaise soba. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-223" title="Nouilles Soba" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/soba1-300x75.jpg" alt="Nouilles Soba" width="600" height="151" /></p>
<p style="text-align: justify;">Il faut décidément que j&#8217;arrête avec ces titres d&#8217;article débiles&#8230; Bref, petit note pour vous parler de la préparation des nouilles soba [<span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">蕎麦], qui font partie des pâtes les plus consommées au Japon, avec les udon. On peut ainsi les accommoder de nombreuses manières, chaudes ou froides, en ramen ou simplement accompagnées de sauce soja.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja"><span id="more-222"></span>Ainsi donc, grâce à l&#8217;association <a title="Keio Welcome Net" href="http://keio-welcome-net.web.infoseek.co.jp/" target="_blank">Keio Welcome Net</a>, il m&#8217;a ainsi été permis d&#8217;assister à une séance de fabrication de ces fameuses nouilles de sarrasin et mieux, d&#8217;y participer. Attrapez donc votre tablier, sortez les marmites, et imitez la voix de Maïté : c&#8217;est l&#8217;heure de もちろん戴きます[<em>mochiron itadakimasu</em> : bon appétit bien sûr] !</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">Ainsi donc, pour réaliser des soba pour dix personnes, il nous faudra donc :<br />
- 800 grammes de farine de sarrasin ;<br />
- 200 grammes de farine de blé ;<br />
- un demi-litre d&#8217;eau.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">Niveau matériel, attrapez un grand saladier, un tamis à farine, un rouleau à pâtisserie, un kikoup (spéciale dédicace à la coloc&#8217; Castellane), et deux planches à découper. </span></span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">Recette<br />
</span></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">1) Tout d&#8217;abord, mélangez les deux farines, et tamisez-les dans le saladier.</span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja"><img class="aligncenter size-full wp-image-228" title="Preparation Pate" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/preparation-pate.jpg" alt="Preparation Pate" width="384" height="288" /></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">2) Creusez un puits dans la farine, et ajoutez une partie de l&#8217;eau. Assimilez celle-ci à la farine, puis rajoutez le reste de l&#8217;eau progressivement, jusqu&#8217;à obtention d&#8217;une pâte homogène. Faites-en une boule, puis pétrissez-la fermement de l&#8217;extérieur vers l&#8217;intérieur pendant 5 minutes.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">3) Formez une boule, tout en vous assurant que tout l&#8217;air présent dans la pâte s&#8217;est échappé. Celle-ci doit avoir une texture lisse et ferme.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja"><img class="aligncenter size-full wp-image-229" title="Boule de pâte" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/boule_pate.jpg" alt="Boule de pâte" width="480" height="360" /></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">4) Farinez généreusement la pâte, puis pressez-la fermement afin de l&#8217;aplatir, tout en lui laissant une forme circulaire. Répéter l&#8217;opération jusqu&#8217;à ce que la pâte fasse moins d&#8217;un centimètre d&#8217;épaisseur.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">5) Farinez abondamment le plan de travail, et déposez la boule de pâte sur celui-ci. Attrapez maintenant votre rouleau à pâtisserie (vous noterez au passage que les rouleaux japonais ont un diamètre moindre), et roulez la pâte, tout en lui laissant une forme circulaire, jusqu&#8217;à obtenir une épaisseur générale de 2 millimètres. Ne la retournez à aucun moment !(et notez au passage la fameuse technique des &laquo;&nbsp;pâtes de chat&nbsp;&raquo; pour tenir le rouleau&#8230; ) !</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">6) Enroulez alors la pâte autour du rouleau, puis déroulez-la d&#8217;une traite. Répétez l&#8217;opération plusieurs fois, jusqu&#8217;à obtenir une pâte de forme carrée. Roulez-la également régulièrement, afin de garder son uniformité.</span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja"><img class="aligncenter size-full wp-image-230" title="Etalage de la pâte" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/etalage.jpg" alt="Etalage de la pâte" width="346" height="259" /></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">7) Lorsque la pâte obtient enfin une forme à peu près carrée, roulez-la une dernière fois, tout en insistant sur les bords : si vous vous y êtes bien pris, ceux-ci doivent se craqueler légèrement.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">8 ) Farinez une nouvelle fois la pâte, puis pliez-la dans un sens sans appuyer, puis dans l&#8217;autre, et ainsi de suite jusqu&#8217;à obtenir une longue bande de pâte d&#8217;une dizaine de centimètres de largeur.</span></span></p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="400" height="300" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=7736946&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=&amp;fullscreen=1" /><param name="align" value="center" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="400" height="300" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=7736946&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=&amp;fullscreen=1" align="center" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">9) Farinez la planche à découper, et déposez la pâte dessus. Attrapez la seconde planche, et posez-la sur la pâte, le bord aligné sur une extrémité de celle-ci. Posez votre main gauche sur celle-ci, en appuyant avec le pouce, l&#8217;index et l&#8217;auriculaire (précis, hein !), tout en la gardant éloignée de l&#8217;extrémité de la planche. Attrapez votre arme blanche, et découpez l&#8217;entame de la pâte.<br />
</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">10) Puis, poussez légèrement la planche supérieure à l&#8217;aide du côté de la lame de votre couteau (elle doit se translater d&#8217;un millimètre environ), tranchez une part de pâte, et répétez l&#8217;opération jusqu&#8217;à atteindre l&#8217;extrémité de la bande de pâte.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja"><img class="aligncenter size-full wp-image-231" title="Découpage des nouilles soba" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/decoupage.jpg" alt="Découpage des nouilles soba" width="360" height="480" /></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">11) Secouez un peu les nouilles ainsi obtenues pour évacuer le surplus de farine, et réservez-les. </span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">12) Portez à ébullition une grande gamelle d&#8217;eau, et lorsque celle-ci bout, jetez les nouilles dedans, en prenant bien soin de les séparer au préalable. Faites cuire une minute, puis sortez les nouilles, passez-les sous l&#8217;eau froide, et égouttez-les. Les voilà prêtes à servir !</span></span></p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">Service</span></span></h2>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">Pour déguster les nouilles froides (parfaites en été), comme nous avons eu l&#8217;occasion de le faire ici, il vous faudra également une petite sauce à base de bouillon d&#8217;algues, de sauce soja et de saké (à un ratio de 3:1:1), que vous porterez à ébullition, puis servirez froide.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">Traditionnellement, les nouilles sont ainsi servies sur un clayon de bambou commun : les invités prennent ainsi chacun un bol rempli de la sauce présentée ci-dessus, à laquelle on peut ensuite ajouter des oignons chinois découpés en lamelle, et du wasabi, et dans laquelle on trempe les nouilles avant de les aspirer bruyamment (ceci n&#8217;étant aucunement gênant &#8211; du moins au Japon &#8211; voire même recommandé, histoire de ne pas maculer sa nouvelle cravate d&#8217;une jolie série de tâches brunes). </span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/blog/wp-content/uploads/2009/11/soba1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-235" title="Soba" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/blog/wp-content/uploads/2009/11/Soba1.jpg" alt="" /></a></span></span></p>
<div id="attachment_314" class="wp-caption aligncenter" style="width: 442px"><a href="http://www.flickr.com/photos/wakanmuri/4063671417/"><img class="size-full wp-image-314  " title="Nouilles Soba" src="http://tvoisin.perso.centrale-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/soba11.jpg" alt="soba_noodles" width="432" height="288" /></a><p class="wp-caption-text">Nouilles Soba, par wakanmuri</p></div>
<p style="text-align: center;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja"> </span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">Lorsque toutes les nouilles ont été cuites, il est également d&#8217;usage de mélanger l&#8217;eau des pâtes à la sauce, puis de la boire. Plutôt nourrissant, au final &#8211; c&#8217;était d&#8217;ailleurs le but premier de ces pâtes lors de leur création lors de l&#8217;époque Edo, sensées rassasier rapidement les ouvriers présents sur les chantiers des grandes villes émergentes.<br />
</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">Et si la sauce soja n&#8217;est pas à votre goût, n&#8217;oubliez pas qu&#8217;il existe nombre de moyens d&#8217;accommoder vos nouilles soba, en ramen, bouillon ou même comme des pâtes classiques, en accompagnement d&#8217;un plat&#8230;</span></span></p>
<p><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja"><em>Article rédigé durant l&#8217;écoute de la Bande Originale de Mushishi, par Masuda Toshio.</em><br />
</span></span></p>
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		<title>Earthquake Arena</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Nov 2009 07:33:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thibault Voisin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brève]]></category>
		<category><![CDATA[Géographie]]></category>
		<category><![CDATA[Vie quotidienne]]></category>
		<category><![CDATA[Earthquake]]></category>
		<category><![CDATA[Tôkyô]]></category>
		<category><![CDATA[Tremblement de terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Article présentant rapidement la question des tremblements de terre au Japon. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/epicentre.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-212" title="epicentre" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/epicentre.jpg" alt="epicentre" width="600" height="151" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Petite larme d&#8217;émotion : la nuit dernière, à 4 heures 23 précise, Tôkyô et sa périphérie sont passés en mode vibreur. Pendant quelques secondes, mon futon, ma personne et tous les objets environnants ont été pris de soubresauts, et d&#8217;une légère exultation (seulement pour moi, hein &#8211; vous imaginez un réfrigérateur pris d&#8217;exultation, vous, hein ? Bon. ) : mon premier tremblement de terre.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-211"></span>Après le typhon nous ayant balayé début octobre, il n&#8217;était donc que très normal de subir la seconde catastrophe naturelle la plus courante au Japon. L&#8217;<a title="Japan Meteorogical Agency" href="http://www.jma.go.jp/en/quake/3/340/20091114042733391-140423.html" target="_blank">épicentre</a> se trouvait ainsi en pleine baie de Tôkyô, à quelques dizaines de kilomètres d&#8217;Hiyoshi, donc. D&#8217;une magnitude de 4,1 en son centre, il nous a frappé avec une force d&#8217;impact de 2 sur l&#8217;échelle de Richter. Rien de très impressionnant, donc (comme dirait l&#8217;autre, &laquo;&nbsp;ça fait des petits guilis dans le ventre&nbsp;&raquo; ! )&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Vous n&#8217;êtes bien sûr pas sans avoir que le Japon se trouve à l&#8217;intersection de quatre plaques tectoniques (Pacifique, Nord-américaine, des Philippines et Eurasiatique), qui se rencontrent au niveau de Tôkyô, causant régulièrement séismes et tsunamis. Chaque année, ce sont quelques milliers de tremblements de terre (de 4 à 7 sur l&#8217;échelle de Richter) qui sont ainsi détectés, mais très rarement perçus.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, depuis le grand tremblement de terre de Kobe en 1995, les autorités se sont concentrées sur ce problème, et ne laissent rien au hasard : des formations ont lieu régulièrement, et de nombreuses aires d&#8217;accueil ont été aménagées pour loger les victimes potentielles (des écoles, le plus souvent). Bien qu&#8217;habitués aux secousses quotidiennes, les japonais vivent cependant dans la crainte du Big One, grand tremblement de terre d&#8217;amplitude 8 sensé se produire dans la région de Tôkyô tous les 100 à 150 ans (le dernier ayant eu lieu en 1854).</p>
<p style="text-align: justify;">Réflexes donc à prendre en cas de tremblement de terre : quitter les pièces ayant beaucoup d&#8217;objets en hauteur, et se glisser dans un placard ou sous un meuble. Et dès que les secousses se terminent, ouvrir les portes et fenêtres, couper le chauffage et le gaz, et ne pas sortir (ni boulotter vos réserves de nourritures).</p>
<p style="text-align: justify;">De toute façon, je ne crains rien, ma gazinière s&#8217;arrête automatiquement&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Note</span> : </strong>Lire aussi à ce sujet le très bon <a title="Grâce à la prévention, le Japon prêt face aux catastrophes naturelles" href="http://www.aujourdhuilejapon.com/actualites-japon-grace-a-la-prevention-le-japon-pret-face-aux-catastrophes-naturelles-6996.asp?1=1" target="_blank">article</a> publié sur <a title="Aujourd'hui le Japon" href="http://www.aujourdhuilejapon.com" target="_blank">Aujourd&#8217;hui le Japon</a> le 6 octobre dernier.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Article écrit durant l&#8217;écoute de Ultrashiver par <a title="The Secret Meeting Official Website" href="http://www.thesecretmeeting.net/" target="_blank">The Secret Meeting</a>.</em></p>
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		<title>日光に行こう [Nikkô ni Ikô !]</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 04:08:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thibault Voisin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autres]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[erables]]></category>
		<category><![CDATA[Nikko]]></category>
		<category><![CDATA[temples]]></category>
		<category><![CDATA[tokugawa]]></category>

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		<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"></p>
<p style="text-align: justify;">&#160;&#187; C&#8217;est un trou de verdure où siège un sanctuaire, [...] où le soleil de la montagne luit &#8230; &#171;&#160;</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;est au final pas nécessaire de modifier trop avant ces vers célèbres pour décrire ma destination en ce jour de la culture　（文化の日 [bunka no hi], jour férié ayant lieu le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/shoyoen.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-183" title="shoyoen_bandeau" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/shoyoen_bandeau.jpg" alt="shoyoen_bandeau" width="600" height="150" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;&raquo; C&#8217;est un trou de verdure où siège un sanctuaire, [...] où le soleil de la montagne luit &#8230; &laquo;&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;est au final pas nécessaire de modifier trop avant ces vers célèbres pour décrire ma destination en ce jour de la culture　（文化の日 [<em>bunka no hi</em>], jour férié ayant lieu le 3 novembre). Il s&#8217;agit donc de Nikkô, petite ville perdue au milieu des montagnes  au nord de Tôkyô, et abritant deux splendides temples bouddhistes perdus au beau milieu d&#8217;un parc de conifères.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-177"></span>Mais revenons tout d&#8217;abord à l&#8217;intitulé de cet article, qui a dû paraître abscons aux non-japonophones : sachez tout d&#8217;abord qu&#8217;il est dû à l&#8217;un de mes amis expatriés français (Brice, pour ne pas le citer), et qu&#8217;il signifie littéralement :  &laquo;&nbsp;Allons à Nikkô !&nbsp;&raquo;. Ou comment générer une jolie <a title="Figures de style" href="http://www.etudes-litteraires.com/figures-de-style/paronomase.php" target="_blank">paronomase</a> en japonais (ça claque, hein, comme mot ! Je le découvre en même temps que vous, d&#8217;ailleurs)&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi donc, nous prenons le métro pour nous diriger vers la fameuse ville : on appréciera une nouvelle fois le desservissement du territoire japonais par le réseau ferroviaire, qui permet d&#8217;atteindre la plupart des villes du territoire pour un prix modique. Seul léger inconvénient : en ce jour férié, la plupart des trains express ne circulent point, nous offrant ainsi un voyage à l&#8217;aide de trains locaux de cinq heures, au lieu des trois heures annoncées&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Nous arrivons donc aux alentours de midi (douze ?) dans la petite ville de Nikkô, pour nous voir étreints par la froidure ambiante  : en effet, loin des 20 degrés permanents de la ville de Tôkyô, rendus quasi-constants grâce à la présence de la chère couche de pollution enveloppant la ville (ainsi qu&#8217;à sa situation de ville côtière située dans une zone relativement tempérée, n&#8217;exagérons rien, tout de même), le climat continental de la commune de Nikkô nous oblige à sortir les écharpes&#8230; Fort heureusement, ayant dû recevoir la bénédiction d&#8217;Amaretsu (<span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">天照 : </span></span>déesse shintoïste du soleil) en arrivant au Japon, ce voyage sera lui aussi placé sous le signe d&#8217;un ciel d&#8217;un bleu profond tout le jour durant.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_184" class="wp-caption aligncenter" style="width: 570px"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/yuba_ramen.jpg"><img class="size-full wp-image-184 " title="yuba_ramen" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/yuba_ramen.jpg" alt="Yuba Ramen" width="560" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Yuba Ramen</p></div>
<p style="text-align: justify;">Etant donné notre heure d&#8217;arrivée, nous profitons de l&#8217;occasion pour découvrir l&#8217;une des spécialités de la ville de Nikkô : le <em>yuba (</em><span lang="ja" xml:lang="ja">湯葉)</span>. Vous connaissez certainement déjà le <em>tôfu </em>(<span lang="ja" xml:lang="ja">豆腐)</span>, sorte de fromage à base de lait de soja dépourvu de goût ayant peu à peu envahi nos tables occidentales. Vous comprendrez d&#8217;ailleurs mon désespoir en sachant qu&#8217;il s&#8217;agit de la seule spécialité de &laquo;&nbsp;fromage&nbsp;&raquo; disponible au Japon (quoique j&#8217;aie déjà réussi à dénicher un camembert à prix prohibitif). Bref, pour vous donner un vague aperçu, le yuba est au tofu ce que la crème est au lait &#8211; il est fabriqué à partir de la peau se formant sur le lait durant son homogénéisation. Nous avons donc découvert ce produit en <em>ramen</em> (soupe servie avec des nouilles udon ou soba).</p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_185" class="wp-caption aligncenter" style="width: 370px"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/shinkyo_bridge.jpg"><img class="size-full wp-image-185 " title="shinkyo_bridge" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/shinkyo_bridge.jpg" alt="Shinkyo Bridge" width="360" height="480" /></a><p class="wp-caption-text">Le Shinkyo Bridge</p></div>
<p>Le ventre rempli, nous nous dirigeons donc vers le nord de Nikkô, et le parc abritant les fameux temples. Après avoir traversé la ville, et avoir pu contempler les premiers érables rouges le long du chemin, typiques de l&#8217;automne japonais, nous arrivons enfin à la rivière Daiya (<span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">大谷川)</span></span>, séparant la cité, royaume des considérations matérielles, des temples et de leur empreinte spirituelle. Un pont de bois laqué de rouge enjambe cette rivière, le Shinkyô Bridge. Selon la légende, c&#8217;est ici que le fondateur de la ville, le moine Shôdô Shônin, traversa la rivière sur le dos de deux serpents pour aller fonder le premier temple de Nikkô, le Rinnô-ji. La brume s&#8217;élevant de la rivière en contrebas tend à renforcer l&#8217;ambiance mystérieuse dont les lieux sont empreints.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous pénétrons ainsi, passée la rivière, le parc abritant entre autres ce dernier temple. Entourés par les conifères et les érables rougeoyants, l&#8217;endroit se pare de chauds dégradés compensant agréablement la fraîcheur de l&#8217;air. Arrivés au Rinnô-ji, temple imposant dont les peintures écarlates peinent à se détacher sur les branchages cramoisis, nous ne pouvons nous empêcher de prendre une bouffée d&#8217;encens à l&#8217;autel situé à l&#8217;entrée du temple. Cet &laquo;&nbsp;encens de l&#8217;intelligence parfaite&nbsp;&raquo; est ainsi sensé améliorer les capacités intellectuelles du renifleur&#8230; Hum, cela reste à prouver.</p>
<p style="text-align: justify;">En face du temple se situe la salle du trésor du temple, abritant quelques impressionnantes tentures et estampes bouddhiques, et surtout entourée d&#8217;un jardin à la japonaise de toute beauté, le Shoyoen. Datant du XIX<sup>ème</sup> siècle, il est sensé représenter, comme tout jardin à la japonaise se respectant, un paysage en miniature, avec ses monts et vaux, ses rivières et lacs. Une nouvelle fois, la saison est idéale pour découvrir l&#8217;endroit, qui se pare de chaudes nuances se reflétant dans l&#8217;eau du bassin, comme vous pouvez le constater avec sur la photo en tête de l&#8217;article.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_186" class="wp-caption aligncenter" style="width: 570px"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/lanternes.jpg"><img class="size-full wp-image-186 " title="lanternes" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/lanternes.jpg" alt="Lanternes offertes par les seigneurs féodaux à la mort de leur shôgun" width="560" height="420" /></a><p class="wp-caption-text">Lanternes offertes par les seigneurs féodaux à la mort de leur shôgun</p></div>
<p>Pénétrant plus avant dans le parc, nous atteignons le sanctuaire principal de Nikkô : le Tôshô-gû (東照宮 : sanctuaire illuminant l&#8217;orient). Celui-ci fut édifié en l&#8217;honneur du fameux shôgun (général) Ieyasu Tokugawa, qui dirigea le Japon au début du XVII<sup>ème</sup> siècle, et déplaça le siège du pouvoir à Tôkyô (celui-ci étant au préalable établi à Kyôtô). Il est particulièrement reconnu pour ses talents de stratège et de politicien. Ce sanctuaire était donc à l&#8217;origine destiné à servir de mausolée à ce grand personnage, mais il fut converti en temple shintô durant la période Meiji.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;où quelques contradictions apparaissant entre les deux courants religieux : l&#8217;imposante pagode de quatre étages située à l&#8217;entrée, la porte principale (Niomon) gardée par deux gardiens Nio impressionants, et la bibliothèque de sutra sont ainsi trois éléments typiques de la religion bouddhiste, et plutôt surprenants au sein d&#8217;un temple shintô.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_187" class="wp-caption aligncenter" style="width: 570px"><a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Three_Wise_Monkeys,Tosho-gu_Shrine.JPG"><img class="size-full wp-image-187  " title="three_monkeys" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/three_monkeys.jpg" alt="Les trois singes de la sagesse" width="560" height="297" /></a><p class="wp-caption-text">Les trois singes de la sagesse, par MichaelMaggs</p></div>
<p style="text-align: justify;">A peine entrés dans le temple, on remarque sur le fronton de l&#8217;écurie du temple un élément bien connu de la religion bouddhiste : les trois singes de la sagesse trônent en effet ici. Pour rappel, ils font appel à la maxime picturale fidèle au bouddhisme: « Ne rien voir de mal, ne rien entendre de mal, ne rien dire de mal ». Les trois singes, respectivement Mizaru (<span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">見猿 : litt, <em>ne vois pas</em>), Kikazaru (</span></span><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">聞か猿 : litt, <em>n&#8217;entends pas</em>) et Iwazaru (</span></span><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">言わ猿 : litt, <em>ne parle pas</em>) nous enseignent ainsi le comportement à avoir pour nous épargner de tout mal. A savoir pour les linguistes (et les autres) qu&#8217;il s&#8217;agit également d&#8217;un jeu de mots sur &laquo;&nbsp;zaru&nbsp;&raquo; qui forme la négation d&#8217;un verbe, et &laquo;&nbsp;saru&nbsp;&raquo;, qui signifie singe. Le sculpteur de ce bas-relief, Hidari Jingoro (Jingoro le gaucher), est également à l&#8217;origine du célèbre nemuri neko （眠り猫 : <em>chat endormi</em>） sommeillant au-dessus de la porte menant au tombeau de Ieyasu Tokugawa. Nous ne pourrons malheureusement pas voir ce dernier, l&#8217;accès à cette partie du temple fermant à 15h30 (?).</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja"> </span></span></p>
<div id="attachment_188" class="wp-caption aligncenter" style="width: 570px"><a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Porte_Yomeimon_Tosho-gu.jpg"><img class="size-full wp-image-188  " title="yomeimon2" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/yomeimon2.jpg" alt="Yomeimon, par Bernard Gagnon" width="560" height="354" /></a><p class="wp-caption-text">Yomeimon, par Bernard Gagnon</p></div>
<p>Avant de pénétrer dans la dernière enceinte du temple, le Haiden, il nous faut traverser le Yomeimon (<span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">陽明門), porte monumentale couverte abondamment de sculptures d&#8217;animaux et de fleurs. Petit détail amusant à ce propos : pour ne pas s&#8217;attirer la jalousie des dieux, une imperfection a été commise volontairement dans les sculptures : les ornements d&#8217;un des piliers sont ainsi à l&#8217;envers. Passée la porte, on peut voir sur notre droite les entrepôts contenant les offrandes des riches propriétaires des environs désirant s&#8217;attirer les faveurs des dieux : de larges tonneaux contenant du sake, qui seront ensuite revendus en petites doses par les prêtres pour assurer leur revenu.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja"> </span></span></p>
<div id="attachment_189" class="wp-caption aligncenter" style="width: 370px"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/yomeimon.jpg"><img class="size-full wp-image-189 " title="yomeimon" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/yomeimon.jpg" alt="Détail du Yomeimon" width="360" height="480" /></a><p class="wp-caption-text">Détail du Yomeimon</p></div>
<p>Un dernier bâtiment, le Honji-do, abrite la peinture du Nakiryu sur le plafond de sa salle principale. Cette peinture de dragon (littéralement, Nakiryu signifie le &laquo;&nbsp;dragon pleureur&nbsp;&raquo;) répond ainsi d&#8217;un rugissement lorsque l&#8217;on frappe des mains en dessous de lui, grâce à l&#8217;écho bien particulier de la salle.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">Après avoir quitté le Tôshô-gû, nous nous dirigeons cette fois-ci vers le second sanctuaire présent dans le parc : le Taiyuin-byo. Celui-ci est dédié au petit-fils de Ieyasu Tokugawa, Iemitsu Tokugawa. C&#8217;est ce charmant personnage, troisième shôgun, qui décida d&#8217;interdire tout commerce du Japon avec l&#8217;étranger (jusqu&#8217;à ce que l&#8217;Angleterre force quelque peu l&#8217;entrée du port de Yokohama en 1853, à l&#8217;aide des forces de l&#8217;amiral Perry). Nous ne pourrons hélas faute de temps (et de fonds : les frais d&#8217;entrée dans les temples de Nikkô étant un brin prohibitifs, comparés à ceux de Kyôtô) visiter le temple, mais pourront en distinguer certaines parties : construit sur six niveaux, il s&#8217;enfonce ainsi dans la forêt de cèdres, et dévoile ses ports typiques des sanctuaires bouddhistes, abritant une fois de plus les statues  menaçants de gardiens.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja"> </span></span></p>
<div id="attachment_190" class="wp-caption aligncenter" style="width: 370px"><a href="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/off_limits.jpg"><img class="size-full wp-image-190 " title="off_limits" src="http://tvoisin.perso.ec-marseille.fr/melonjapan/wp-content/uploads/2009/11/off_limits.jpg" alt="Un arbre à l'entrée du sanctuaire Tôshô-gû" width="360" height="480" /></a><p class="wp-caption-text">Un arbre à l&#39;entrée du sanctuaire Tôshô-gû</p></div>
<p>Un petit détour par un temple adjacent, le Futarasan-jinja, nous fait découvrir une coutume singulière. Un cercle d&#8217;osier trône en son centre, que l&#8217;on doit traverser par deux fois, d&#8217;abord par la gauche, puis la droite, afin de s&#8217;attirer bonheur et prospérité (ainsi qu&#8217;un bon mariage). Entre ça et l&#8217;encens qui rend intelligent, me voilà paré ! Autre petit détail : j&#8217;ai particulièrement apprécié le petit écriteau situé au pied de l&#8217;arbre ci-dessus&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">Faute de temps, nous ne pourrons cependant pas nous aventurer jusqu&#8217;au parc national de Nikkô situé un peu plus loin, plateau volcanique parsemé de lacs, chutes d&#8217;eau et marécages, et devrons nous contenter de reprendre notre route vers la ville, tandis que l&#8217;obscurité précoce typique du Japon nous entoure. Fort dommage, car le parc promettait de superbes paysages, et peut-être la rencontre de quelques-uns des malicieux singes l&#8217;habitant.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="font-weight: normal;"><span title="Japonais" lang="ja" xml:lang="ja">Article rédigé durant l&#8217;écoute de &laquo;&nbsp;Notes on a Dream&nbsp;&raquo; de <a title="Jordan Rudess official website" href="http://www.jordanrudess.com/" target="_blank">Jordan Rudess</a>.</span></span></em></p>
<div class="footnotes"><strong>Note : </strong>Comme vous aurez pu le constater, j&#8217;ai décidé, plutôt que de traîner un mois de retard dans les notes, de sauter intégralement le mois d&#8217;octobre afin de me concentrer sur les derniers événements. Je vais donc m&#8217;efforcer de rattraper le mois d&#8217;octobre tout en avançant dans la rédaction des derniers posts. Pensez donc à vérifier régulièrement les news du mois d&#8217;octobre !</div>
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